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CHAPITRE IX

à l'aménagement méthodique (2) de tous les gîtes forestiers et départagé la forêt équatoriale en secteurs de diverses étendues. Dans chaque secteur ainsi constitué, les arbres sont reconnus et l’exploitation réglée de manière que chaque pied soit saigné seulement deux fois par an et chaque fois avec ménagement; d'après ce qui avait déjà été accompli le 3 novembre 1911, la Compagnie prévoyait pour la première période décennale l’aménagement de 30 lots de 10.000 hectares chacun dont le rendement annuel minimum serait de 1.500 tonnes d’un caoutchouc de qualité supérieure. Cette période écouiée, 14 millions d'hectares environ seront donc restitués au régime de la libre concurrence.

La Forestière est à féliciter d’avoir dès ses débuts procédé à une exploitation judicieuse des essences à caoutchouc, mais elle est à féliciter davantage pour s'être fait seconder dans ses entreprises par les populations habitant ses territoires : s’étant aperçue que la main-d'œuvre importée (Bacongos et Loangos) ne rendait pas en travail tout ce qu’elle coûtait, elle a fait tous ses efforts pour s’attacher

(2) H y a quatre phases différentes dans l’aménagement définitif : les reconnaissances ou sondages, les tracés préliminaires au recensement, le recensement, l’aménagement définitif (Compagnie forestière Sangha-Oubangui. Aperçu d'ensemble au mois de janvier 1911).

d’autres indigènes qui, après quelques hésitations, furent Îles premiers à venir s'engager comme ouvriers forestiers; ce furent les M’Bimous, et, dans l’'Oubangui, les M'Bagas. Il est curieux de constater que ces populations anthropophages ont été attirées moins par l’appât du gain que par la bonne nourriture provenant des cultures vivrières créées par la Compagnie et surtout par le ravitaillement en viandes fraîches (bœufs).

Aussi a-t-elle pu former des équipes de travailleurs rémunérés en espèces; la Compagnie voit dans ce mode de paiement la suppression des erreurs et des fraudes qu’entraînait nécessairement la rémunération en marchandises; d’autre part, elle reconnaît les heureux résultats qu’obtiendra le commerce libre s’installant sur son territoire, à condition que « sa propriété soit sauvegardée ».

Après s’être ainsi assuré une main-d'œuvre suffisanté, la Compagnie s’est efforcée de la protéger et de la remplacer; des médecins combattent sur les territoires affectés à son exploitation la maladie du sommeil (1); elle s’est offerte à fournir les fonds

(1) Discours prononcé par M. Merlin à l’ouverture du Conseil de gouvernement de l'A. E. F. à sa séance ordinaire d'octobre 1911: « L’Administration prend, avec le concours de la Société Forestière, toutes les dispositions pour enrayer le fléau. »

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