‹ Les Grandes Concessions: Au Congo FrançaisChapitre 77 sur 89 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

L'accord franco=-allemand relatif au Congo Nos cessions à l'Allemagne

Le traité de Versailles

PARAGRAPHE PREMIER

La genèse :-L'inertie francaise devant les agissements allemands. — Le Consortium congolais.

Nous avons pu déjà apprécier l'indifférence qu’a témoigné de tout temps le Gouvernement métropolitain à notre colonie de l’Afrique équatoriale (1). Nest-ce pas, en effet, soumettre une colonie à un traitement de défaveur que de négliger d’en prendre possession d’une manière effective? Alors que l'Afrique occidentale française se voit protégée par

(1) M. Merlin l’a surnommée à juste titre « notre Cendrillon coloniale »,

12.500 hommes, l’Afrique équatoriale française n’en possède que 5.460, de telle sorte que sur la frontière du Cameroun, de Ouesso au Logone, dans le bassin de la Sangha, dans celui de la Likouala, il n'y a pas un seul tirailleur (2).

Nos voisins du Cameroun, les Allemands, n’hésitèrent pas à tirer parti de cette situation. Il est établi que de 1899 à 1908 sept maisons allemandes ont, sur plus de trois millions d’hectares de nos possessions, « drainé l’ivoire et le caoutchouc », cela au vu et au su d'officiers allemands qui « réquisitionpaient, percevaient et jugeaient » (3), ceci sur la frontière méridionale du Congo et du Cameroun.

Dans le bassin de l’Ivindo et jusqu’à la Guinée espagnole, la situation était la même sur une étendue de territoire de 2.800.000 hectares. Le capitaine Cotte, chef d’une mission chargée de délimiter, de concert avec une mission allemande, la frontière sud du Cameroun, écrivait le 27 juillet 1906 au Commissaire général du Congo français «€ qu'il fallait prendre des mesures énergiques pour refouler au nord de la frontière les commercants indélicats qui nous ont gravement lésés depuis plusieurs années en se livrant à l'exploitation intensive d’une

(2) M. André Tardieu : Le Mystère d'Agadir. - (3) M. André Tardieu : Le Mystère d'Agadir.

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