‹ Les Grandes Concessions: Au Congo FrançaisChapitre 79 sur 89 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

ration des préjudices subis par elle depuis 1905 au Congo, d'inviter le Gouvernement à le réaliser dans les Conditions les plus équitables, soit directement, soit par voie d'arbitrage, »

Quelle attitude allait prendre le Gouvernement devant les desiderata énergiques de la Commission des Affaires extérieures? Qui allait payer l'indemnité? Le Gouvernement français coupable de négligence envers la N’Goko Sangha ou les Allemands coupables d’agissements frauduleux contre cette Société ?

Du côté allemand, la Société avait déjà subi un premier insuccès; du côté français la situation se compliquait de ce que la N’Goko avait obtenu l’autorisation de saisir-arrêter 603.000 francs sur les sommes restant dues par la colonie aux maisons anglaises John Holt et Hatton et Cookson. Le peu de faveur dont jouissaient à ce moment-là les Sociétés concessionnaires allait se manifester une fois de plus non seulement par les atermoiements de nos gouvernants, mais encore par l'attitude de l'Administration locale envers la N’Goko Sangha; jusqu’en 1906, rien n'avait été relevé contre elle et les fonctionnaires de la colonie ne lui avaient décerné que des éloges. Au 24 août 1906, le ton change, les rapports administratifs lui sont défavorables et au mois d'avril 1909, le Ministre faisait établir un long mé-

‘moire relevant tous les griefs dont on la chargeait; les Ligues de protection des indigènes ne tardèrent pas à s’en mêler et le Courrier européen publiait contre elle des rapports de fonctionnaires européens à lui communiqués selon toutes probabilités par le Département des colonies.

Le seul moyen de résoudre cette situation délicate était dans l’entente des gouvernements français et allemand; cette entente réunissait beaucoup. de suffrages dans les deux pays; l’Allemagne y voyait le moyen d’étendre son influence politique dans l’Afrique centrale et d'y jouir de ses incontestables avantages économiques; quant à la France, celle pensait trouver dans lexploitation franco-allemande de la frontière Congo-Cameroun un terme à la politique « d’embarras » suscitée tant au Congo qu’au Maroc par l’Allemagne et se faire en même temps de nos voisins d’outre-Rhin de précieux alliés contre la campagne menée en Angleterre par M. Morel et ses amis.

Seulement la question de l’indemnité à verser à la Société N’Goko Sangha restait pleine et entière; son paiement avait pourtant l'avantage de couper court aux doléances de la Société contre les maisons J. Holt, Hatton et Cookson, qui avaient beaucoup inquiété le ministère des Affaires étrangères. « La question passant du domaine du droit dans celui des faits, rien ne s’opposait au contraire à concevoir un

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