‹ Les Grandes Concessions: Au Congo FrançaisChapitre 80 sur 89 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

arrangement auquel M. Pichon attachait la plus grande importance (1). »

Quant à la N’Goko Sangha elle-même, sachant l'hostilité des pouvoirs au régime concessionnaire, assurée qu'elle ne trouverait aucun appui au ministère des Colonies, elle sentait qu’elle n’avait rien à perdre et tout à gagner dans une entente amiable. Aussi accepta-t-elle d’écouter les propositions du Gouvernement à la suite desquelles fut signé, le 5 avril 1910 un accord qui enregistrait les engagements de la Compagnie.

Dès le 5 mars les dossiers des parties tendant au règlement de l'indemnité avait été remis au premier président de la Cour des Comptes qui rendait sa décision le 29 avril : l'indemnité demandée pare l’arbitre désigné par la Compagnie s'élevait à 12.675.000 francs, celle offerte par larbitre désigné par le Gouvernement à 903.000 francs; un surarbitre départageait leurs exigences en fixant le montant de l'indemnité à 2.393.000 francs (2); de plus, la création d’un consortium franco-allemand pouvait fournir à la N’Goko Sangha de précieux avantages

(1) M. André Tardieu, op. citat.

(2) À noter que le 20 avril 1910, la Compagnie N’Goka Sangha avait donné mainlevée de la saisie-arrêt de 603.000 francs sur les sommes restant dues aux maisons J. Holt et Hatton et Cookson.

dans l'avenir. Elle consentait donc à entrer dans la combinaison.

Les tractations engagées à Berlin par les gouvernements allemand et français et la N’Goko Sangha aboutirent à un accord comportant constitution d’une Société nouvelle sur une partie du territoire concédé à la Compagnie. Cette Société était française, régie par la loi française, avec son siège social à Paris; le Conseil d'administration était en majorité composé de Français, quant aux questions commerciales, elles devaient être débattues par un Comité de direction établi à Hambourg. Le directeur français était secondé par un inspecteur allemand; enfin la Compagnie apportait son territoire, les Allemands leurs capitaux.

Le 22 mai, le Ministre des Affaires étrangères et le Ministre des Colonies résumaient ainsi les avantagnes du consortium devant la Commission des Affaires extérieures de la Chambre des Députés :

a) Maïnlevée de la saisie-arrêt de 603.000 francs:

b) Les relations franco-allemandes s'améliorent à la suite de la formation du consortium;

c) Le Ministre allemand des Colonies, M. Dernburg, promet d’user de son autorité pour empêcher les commerçants allemands établis sur la frontière de trafiquer en territoire français.

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