L.K HARQUIBE DE BBAUVOtH
elle : exquisement féminine en ses façons, ciline, enjôleuse, filie d'Eve à damner le serpent lui-même, rien de garçonnier en ses habitudes plus qu'en son ajustement. Répudiant le modernisme dans ses excès fiiclieux, elle reste la charmeuse telle que Dieu l'a inventée lorsqu'il créa la femme. Et tout, autour d'elle, décèle son instinct en même temps que ses tendances, depuis la robe de cretonne dont elle s'habille et qu'elle semble emprunter aux héroïnes de Jean-Jacques, jusqu'au cadre coquet qui est sa demeure.
C'est elle qui, la première, porta uno robe à paniers — une vraie robe Louis XV, dénichée chez quelque bric-à-brac! — Ainsi costumée, elle causa une révolution en entrant dans le salon de la comtesse de Bôhague.
Poussant d'ailleurs jusqu'au culte son amour de ce siècle passé dont elle avait décrété la renaissance, elle n'a jamais voulu, quelles que fussent les variations de la coiffure, changer la sienne, qui est d'un Louis XV très pur. Sa merveilleuse chevelure, blonde, touffue, — si longue et si épaisse que, comme celle de Geneviève de Brabant, elle la voilerait tout entière, — se prête à ravir à cet arrangement, admirablement plantée, un peu bas sur le front, dont elle ne voile d'aucun frison l'extrême pureté, et dessinant splendidement les fameuses ■€ cinq pointes » si recherchées des maîtres de
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Técole italienne. Parfois elle rompt le classique de cet arrangement un peu rigide en laissant retomber une seule boucle, long serpent qui déroule ses anneaux d'or sur son épaule, glissant jusqu'en dessous de la taille.
Et, chose surprenante, cette femme, qui résume en elle toutes nos grâces comme toutes nos séductions, n'est point Française ! Il est vrai de dire — et c'est ce qui explique bien des choses — que sa mère, née comtesse Wylezynska, appartient à l'une de ces grandes maisons de Pologne dont les filles — les Françaises du nord, dit-on — joignent à un parisianisme inné tous les attraits de la race slave, la plus parfaite du monde.
Puis, le baron général de Lowenthal, feld-maréchal dans l'armée autrichienne, fut délégué par son gouvernement à Paris, où il demeura de longues années comme attaché militaire , au moment même où ses filles, encore enfants, pouvaient emprunter à Téducalion française une véritable nationalité — que devait sanctionner plus tard leur mariage.
J'ai suffisamment parlé de l'aînée. QuantàM^'de Beauvoir^ alors Mina de Lowenthal, sa précoce beauté la mit tout d'abord en lumière dans les bals de ce monde diplomatique qui fut la première étape do son succès — alors presque enfantin.
Car c'est à quinze ans qu'elle fit ses débuts
LA MARQUISE DE BEAUVOIR "Zb i
mondains. Toute novice, presque adolescente, sa grâce la désigna pour ce quadrille des Fleurs organisé par la princesse de Metternich, et pour lequel on choisit les plus belles jeunes filles d'alors. Tandis que toutes avaient adopté quelque emblème parmi leurs fleurs préférées, M"* de Lowenthal se travestit en papillon. Et rien ne pouvait exprimer mieux son aérienne légèreté, la sveltesse de sa taille flexible, onduleuse, élancée, souple comme une liane. Ses beaux cheveux blonds formaient une tombée d'or qu'encadraient les ailes diaprées sur le flottement mousseux du nuage de gaze qui était sa jupe.
Mariée toute jeune au comte de Gouy, le premier soin de son mari fut d'introduire M"* de Lowenthal dans cette aristocratie française, qu'elle connaissait encore à peine. La jeune femme n'eut aucune peine à y prendre la place qui lui revenait de droit.
Fine, jolie, élégante, distinguée, le « Faubourg > la reconnut comme sienne tout d'abord, et la réclama^ se faisant une sorte de fierté de l'enlever à cette cour usurpatrice qui, au sens des vrais royalistes, était peu digne de posséder un pareil trésor.
Cette seconde période fut pour la jeune femme une période de transition, une seconde métamorphose, durant laquelle, au milieu d'une société dont elle était Tidole, s'affinant, se complétant, elle
288 GRANDES DAMES o' AUJOURD'HUI
j s'identifia de plus en plus à cette France dont
elle semblait l'incarnation exquise et radieuse. Durant ce temps, M"*" de Gouy eut deux fils : 1 Emmanuel et Jean de Gouy. Deux garçonnets qui
i promettent de faire honneur à leur jolie t maman » .
; Mais la femme sérieuse et bonne, spirituelle et
; jolie, la « charmeuse * en un mot qu'est devenue
M"* de Beauvoir, devait s'affirmer en une troi- • sième manière : elle s'est épanouie lors de son
second mariage.
j Cette seconde union, M™' de Gouy la décida
I avec son esprit autant qu'avec son cœur, non plus
comme une jeune fille que l'on évite de consulter,
f ' Or, c'est un bonheur complet que voulait la
jeune femme, qui portait au cœur toutes les aspi-
I H I mais comme une femme qui sait et qui veut.
rations. Aimée comme elle aimait, elle se savait * , choisie. Elle savait que, conquis par sa grâce, ses
beaux yeux bleus, apparus ainsi que de tutélaires
étoiles au firmament do sa destinée heureuse,
'" ■ avaient seuls guidé le choix de M. de Beauvoir.
-^- Un accord parfait régnait entre les fiancés.
D'un côté comme de l'autre nul intérêt ne pré- '5 *'• sida donc à ces accordailles.
l| j Cependant dès cette époque le marquis de Beau-
fi -j voir, tout jeune encore, était quelqu'un déjà. Gent-
J; ; leman accompli, ses succès de toutes sortes
n'étaient plus à compter. La chance dès l'aurore lui
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avait souri. Écrivain do race — comme il était soldat — c'est à l'âge de vingt-deux ans que, au retour des pays lointains, — l'Australie, Java, Pékin, — il publia les trois volumes qui furent un événement au milieu de cette société parisienne où, quelque frivole qu'elle soit, hommage est pourtant rendu à tout ce qui a une valeur vraie, un mérite sûr qui vraiment s'impose.
Ayant passé son enfance avec les princes d'Orléans, M. de Beauvoir était devenu homme avec eux, et il était devenu « leur homme » — presque leur frère, si j'ose dire, et s'il est vrai que le cœur ait une fraternité ! Aussi, déjà, passait-il pour leur représentant avéré. Ce qui est réel, c'est que de tout temps il posséda leur confiance complète, que dès lors il était « leur * jusqu'aux moelles, le fidèle qu'il est toujours.
Quoi qu'il en soit, la guerre étant venue au moment où le jeune homme débarquait d'Amérique, il reçut le grade de capitaine et fut désigné aux avant-postes de Paris, pour commander les mobiles de la Somme. Adoré de ses soldats, enivré de la bonne fortune qui lui était tout d'un coup offerte de se battre pour son pays, M. de Beauvoir eut la gloire de mériter de la façon la plus glorieuse la croix d'honneur, que .son général lui décerna à la suite de sa brillante conduite.
En 1873, une autre récompense devait, dans un
tout autre ordre d'idées^ affirmer le mérite du jeune champion de la gloire française. Et Ton vit, avec une certaine stupéfaction, ce spectacle en la Sor^ bonne, de Tun des hommes les plus lancés, les plus fêtés, les plus appréciés et les plus disputés des salons parisiens, recevant, devant une pléiade de jolies femmes accourues pour Tapplaudir... le prix Montyon î 1 1
Il est vrai que ce prix était décerné à ses travaux littéraires et que sa vertu n'y avait nulle part.
M. de Beauvoir reçut la couronne académique en même temps que Paul Dérouléde et Albert Delpit. Les trois candidats ont depuis fait leurs preuves avec un égal mérite, quoiqu*en des ter^ rains différents.
C'est à cette époque que le marquis de Beauvoir entra dans la diplomatie. Et, quelle que fût sa jeunesse, le duc de Broglie crut devoir, en toute occasion, lui confier les travaux les plus ardus, ceux qui exigeaient le plus de finesse et de pénétration.
Servant son pays, en ces divers emplois et de ces façons diverses, avec tout son zèle, le marquis de Beauvoir ne négligeait point pourtant l'intérêt de ses princes : en s*assurant des amis, il les leur ménageait, les préparant pour l'avenir ; car la maison d'Orléans ne voulait point alors de politique militante. Son chef avait juré fidélité au chef
de la maison de France, et tous observaient fidèlement le pacte conclu.
Ce fut à la mort du comte de Chambord, lorsque le comte de Paris comprit que son heure était venue et que son rôle désormais cessait d'être passif, qu'il appela décidément auprès de lui son fidèle. Le marquis de Beauvoir, sacrifiant tout autre intérêt, n'hésita point. Il se donna tout entier, avec cette fougue et cette ardeur qu'il apporte à toute chose
Les sages du parti blâment, dit-on, cette ardeur et ce dévouement. Quel que soit Tégoïsme légendaire des princes, il est à croire que celui-ci saura, lorsque l'heure sera venue, récompenser Tun et Tautre !
D'ailleurs, avec la modestie touchante de son abnégation, le marquis ne semble pas môme se douter du rôle prépondérant qui lui est dévolu. Et comme naguère un ami le félicitait d*ètre placé si haut dans la confiance et dans Taffection de ses royaux amis : « Ai-je donc, dit-il, à cela quelque mérite? Si les princes me sont affectionnés, c'est quils se souviennent de la fidélité passionnée que mon père et ma mère leur ont gardée pendant l'exil. *
Son père et sa mère ! son culte et sa tendresse ! Tous deux, nobles de cœur comme de sentiments, s'étaient en. effet sacrifiés à la maison d'Orléans.
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A rhcure même où se levait le second empire, alors que la plupart, appelés par leur intérêt, abjuraient leur passé aux pieds de Napoléon III, M. de Beauvoir s'était démis de ses fonctions diplomatiques, afin de se consacrer mieux à ses princes, préférant à toutes les dignités de la cour* nouvelle le cher pèlerinage d'Angleterre ou d'Allemagne, qui le rapprochait de ceux qu'il aimait, et qu'il suivit partout et en tous lieux, aussi bien en Palestine que sur ces champs de bataille de Lombardie où l'un d'eux se battait dans Tarmée alliée à la notre.
Si la fidélité de ses parents est pour le marquis de Beauvoir un titre auprès de ses princes, et si son mérite personnel lui est un garant de sa destinée, dans une monarchie quelconque l'ancienneté de sa maison suffirait à le placer au premier rang. Les Beauvoir datent des croisades. Compter leurs illustrations prendrait ici trop de place; j'en veux donc noter une seule, que désigne son étrangetô môme : il y eut une nièce du cardinal de Richelieu, mariée à un Grimoald de Beauvoir, et plus tard duchesse d'Aiguillon, qui fut pair de France, à titre absolument personnel.
La pairie portée par une femme ! C'est original, et le fait est unique.
Quant à la mère du marquis do Beauvoir, elle est fille de ce marquis de Humigny qui eut
rhonneur de représenter la France en plusieurs ambassades, el rarrière-petite-fille du maréchal Mortier, duc de Trévise, dont le beau portrait trône dans le grand salon d'honneur, à Sandricourt. M"' de Beauvoir, noble de cœur comme de naissance, s'est attaché toutes les princesses qu'elle a approchées. Elle a été Tintime amie de la duchesse d'Aumale, de la duchesse d'Orléans et de la reine Amélie, dont elle possède une curieuse et volumineuse correspondance.
La comtesse de Gouy donc, en épousant le marquis de Beauvoir, trouvait en son nouvel hymen non seulement la situation la plus digne de son esprit et de sa beauté, mais aussi les plus brillantes espérances. Mais ce ne fut, je Tai dit, ni la fortune future ni l'éclat présent qui la tentèrent. Chez elle comme chez lui, c'était le cœur qui avait parlé, et ce fut une union toute d'inclination que celle-là, celle de deux esprits très fins, — pétillants, papillotants^ si j'ose dire, — en même temps que celle de deux natures éminemment supérieures, exquisement élégantes, faites pour se plaire et pour se charmer.
La marquise n'ignorait pas les succès passés de son mari, qui fut de tout temps un grand vainqueur do jolies femmes. Mais, sûre d'elle-même, elle comprit qu'il était conquis à son tour, et le sacrifice qu'il lui faisait de toutes les séductions
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comme de toutes les affections, la véritable et romanesque passion qui le rivait à ses petits pieds, étaient pour elle les plus sûrs garants d'un bonheur certain. Elle n'ignorait pas que nombre de grands mariages s'étaient offerts, qu'il avait repoussés pour le culte de ses beaux yeux, alors même qu'elle n'était pas libre encore. Et sitôt qu'elle le fut, leur premier soin à tous deux fut d'enchaîner à jamais leurs espoirs transformés en réalités par le lien charmant de cette chaîne de fleurs à laquelle, pour les époux assortis^ chaque jour écoulé joint un anneau enchanté.
Ce second mariage fut donc pour Mina de Lowenthal l'aube d'une nouvelle et dernière transformation. Et cette troisième manière fût en quelque sorte^ si l'on peut ainsi parler, l'apogée de cet esprit et de ce charme, arrivés à leur entier développement. La fleur était maintenant en plein éclat, et Tatinosphère exquise en laquelle elle était transportée convenait à son entier épanouissement. Sans rien perdre de Télégance à laquelle elle était accoutumée, son cercle s'élargissait tout à coup, et aux mièvreries coquettes de l'existence mondaine venaient s'ajouter les préoccupations plus graves. La nouvelle marquise pénétrait tout à coup en une société d'élite où, sous le masque de l'enjouement, son esprit si délicat était appelé à un rôle très sérieux.
Placé d'une façon exceptionnelle auprès des princes, de très grandes responsabilités pèsent sur M. de Beauvoir. Ici, plus qu'en toute autre circonstance, on peut dire qu' « honneur oblige •.
Or, si les responsabilités du marquis sont lourdes, il est facile de comprendre que celles de sa femme le sont plus encore. Que d'attirances dans un regard de jolie femme ! Quelle puissance dans un seul de ses sourires ! Mais aussi combien cher peut coûter une parole imprudente jaillie de sa jolie bouche, un trait sailli de ses lèvres roses ! L'esprit même devient un écueil en certaines situations délicates. « Cessez de faire des mots, » fut-il chuchoté à la nouvelle venue par un ami prudent. Elle fit ce qu'elle put, comprenant le danger auquel elle exposait les siens; mais la tâche fut ardue pour cette primesautiôre ! Il est vrai que chaque fois qu'une jolie flèche s'échappa, trop prompte, de sa répartie alerte, son tact exquis sut toujours réparer la hardiesse de son esprit trop vif.
Quoi qu'il en soit, la petite marquise a saisi sou rôle à merveille. Nulle amie plus sure, iiulhî alliéo plus fidèle n'eût pu être doniK'M; à la maison d'Orléans par son féal Beauvoir. D'ailleurs riulornhin femme, toujours plus amounmse tUt son mari, s'est absolument identifiée â sa vie, â >s(5s ill<^lî^s, k ses affections. Elle s'^^st faite « lui a», en un mot;
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et ce mot vulgaire de « moitié » donné à la femme ne trouva jamais si bien son application, dans le sens le plus vrai.
Non seulement sa « femme •, mais pour lui suffire plus complètement elle a voulu prendre sa part de toute chose dans la vie de son mari. Elle s'est faite à la fois sa camarade, son amie, sa compagne, son secrétaire même, appliquant à le seconder cet art si fin de la correspondance dont elle est douée à miracle.
Mais, pour être une politique habile en même temps qu'une charmeuse accomplie, pour mener de front les occupations graves et les plaisirs du monde, M™' de Beauvoir ne néglige pas certaines affaires d'un autre ordre auxquelles la convie son cœur excellent. Cette petite fée, au milieu de ses lettres, de ses chiffons, de ses fêtes et des soins de son foyer, trouve encore le temps d'être bienfaisante et bonne. La charité Tappelle, et elle se déclare impuissante à lui résister. On Ta vue, ce printemps, <à prestjue toutes les ventes, se multipliant et recueillant des monceaux d'or. Comment, achalandée par ses beaux yeux, sa boutique n'eûtelle point fait merveille? Aussi elle est t demandée • de toutes j)arts, et toutes les œuvres la réclament. Mais c'est surtout à la belle œuvre de Villepinte, au profit des jeunes poitrinaires, que la marquise se donne de tout son cœur, déi)ensant
LA MARQUISE DE BEAUVOIR tiOT
tous les trésors de son esprit, de son charme et de son zèle irrésistible. Aussi là-bas elle est bénie. D'ailleurs, portée par ses mains blanches, l'offrande n'acquiert-elle pas un prix mille fois supérieur?
J'ai résumé rapidement les traits les plus saillants de cette physionomie attirante entre toutes. Mais après avoir esquissé ce joli pastel, il me reste à indiquer le cadre que M"** de Beauvoir a si délicieusement approprié à sa toute gracieuse personnalité. Très absorbée par les princes, qui la veulent partout où ils sont, la marquise de Beauvoir partage le reste de son existence entre son hôtel parisien et le beau château de Sandricourt.
Dans l'un comme dans l'autre, on retrouve ce xviip siècle, qui est son culte et qui, tout naturellement, s'impose autour d'elle : rue de Labaume, c'est la petite maison coquette, simple en sa grâce sérieuse, telle que l'eût rêvée la belle Aïssé, pour y enfermer son chevalier d'Aydie : un de ces jolis nids qu'enguirlandent les roses, sur lesquels voltigent les amours.
A Sandricourt, la belle demeure seigneuriale, un peu grave en son élégance parfaite, à la rusticité de laquelle la proximité de la grande ville môle un grain de luxe et une réminiscence de cour.
Le bâtiment, un peu carré, s'élève imposant et fier au milieu du grand parc, où les arbres magni-
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tiques célèbrent la nature. A l'entrée les » corbeilles • jettent leur éclat printanier, sertissant les pelouses semées de fleurettes, que coupent çà et là des massifs A l'anglaise. Et l'on rêve de fête champêtre, de bergères et de bergers, de faunes et de sylvaiiis, de nymphes égarées et de dieux qui les ramènent; l'évocation tout entière de l'œuvre de Watteau peuplant les praii'ies de Jean-Jacques ! Puis sur le côté, à gauche, des charmilles; de l'autre, le parc qui grimpe, plantant la côte de futaies séculaires, où tout un concert d'oiseaux préside aux ébats de Jeannot Lapin et de son compère l'Écureuil.
Et si vous doutiez. Madame, qu'il existât en ce monde un bonheur parfait, par un beau soir d'été, allez à Sandricourt: c'est là qu'il s'est réfugié.