I.\ MARQUISE d'hERVëY
Les cheveux, blonds comme les blés, qu'elle af-
fectionne de porter la plupart du temps en longues boucles, inondant ses épaules d'un flot d'or si soyeux, si léger, qu'on le dirait tissé do rayons de soleil, ajoutent à cette douceur; cette chevelure superbe est le diadème radieux qui rehausse sa carnation éblouissante; car son teint a cela de commun avec l'éclat des roses, qu'il peut aff'ronter la lumière la plus intense^ également pur, aux heures du matin ou à celles du soir. Même l'excès des veillées mondaines ne saurait altérer l'extrême fraîcheur de cette intrépide. Car la marquise d'Hervev est non seulement une artiste véritable, mais une mondaine enragée : si elle est élégante comme une Parisienne, elle valse en vraie Allemande. Et comme on adore ce que l'on fait bien, elle aime tant la danse qu'elle « enterre tous les cotillons ».
Parler de l'élégance de M"* d'Hervey est ici superflu. Ses toilettes inspirées la plupart du temps de ce xvnr siècle dont sa beauté garde une réminiscence, sont toujours d'un goût absolu. D'ailleurs qu'importe le cadre lorsqu'il s'agit d'un tel visage? C'est ce que la marquise voulut prouver sans doute lorsqu'il y a deux ans elle choisit, pour paraître au bal de la princesse de Sagan, un costume de mendiante dont le naturalisme devenait pour cette jolie femme le comble de la
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coquetterie. Jamais, en effet, on ne ta vit plus jolie que drapée dans ces haillons troués et rapiécés, aux.qucls, il est vrai, par un contraste qui était un raffinement suprême, sa chevelure d'or mettait un manteau roval.