DIFFICULTÉS ÉCONOMIQUES AVEC LESQUELLES SE TROUVA AUX PRISES
l’europe occidentale, au seizième siècle
La plus grave difficulté pour l’Europe d’alors fut une révolution opérée dans les procédés de culture et les modes d’exploitation du sol, révolution ipii détermina en Angleterre et dans l’Italie une véritable crise agricole.
Fortement réduite par la grande peste de 1348 et les épidémies qui la suivirent, la population avait repris, depuis lors, son essor graduel. En Allemagne surtout, elle débordait de toutes parts et amenait une émigration qui n’était pas toujours fort morale. Les bandes de Heiti'es qu’elle fournit pendant un siècle à toutes les armées européennes, étaient la conséquence de la pénurie des subsistances. En France, la guerre de Cent ans avait enrayé le mouvement ascensionnel.
LA CRISE DU SmCLE 301
Cependant il avait repris depuis Louis- XL M. des Cilleuls, à la suite de savants calculs, a évalué la population de la France en 1570 à 10 millions et demi, ebilfre qui concorde avec une évaluation du temps, rapportée par les ambassadeurs vénitiens. En tenant conqjte des annexions réalisées sous les règnes suivants, cela équivaut à environ 21 millions d’Ames, pour le territoire national actuel. Nous persistons à croire que la population de la France, à la lin du xiiF siècle, était plus considérable ; mais au xvi*^ siècle, les habitudes de toutes les classes, ce qu’on apjielle Xe stand ai'd of‘ lie ing , étaient devenues beaucoiq) plus coûteuses. Le taux des salaires s’était beaucoup élevé ; car les classes ouvrières de ces temps savaient parfaitement faire valoir à leur profit la loi de l’oIlVe et de la demande : paysans et artisans en prolitaient pour mieux vivre.
La viande de bœuf et de mouton avait remplacé, en grande partie, celle de porc dans l’alimentation. Au lieu des vêtements de peau, généralement employés au moyen Age, les ouvriers des villes et même les paysans se vêtaient exclusivement de toile et de drap. Les ordonnances somptuaires de la France et de l’Allemagne témoignent toutes du développement de la consommation, même dans les campagnes, des draps fins fabriqués en Italie et dans les Pays-Bas. Les villes drapantes de ces régions étaient devenues de grands centres industriels, exerçant au loin leur attraction sur -les populations, et leur inüuence sur l’agriculture. Il en était de même des capitales politiques et commerciales, Paris, Lyon, Londres.
Cette transformation économique fut favorisée par le développement du commerce par terre, et surtout par les progrès du commerce maritime qui permitde transporter les céréales en quantités considérables. La Provence et le Languedoc exportaient des blés à Florence et à Home et faisaient concurrence A la Sicile. La Bretagne nourrissait en partie le nord de l’Espagne. Les importations <le céréales de la Baltique agissaient fortement sur l’agriculture anglaise.
La constitution agricole de toute l’Europe fut profondément modiliée sous l’action de ces causes. Le froment, qui devenait pour les propriétaires un meilleur article d’exportation, remplaça déplus en plus, dans les redevances des fermiers, les céréales inférieures. Le fermage temporaire et à rentes fixes se substitua partout où c’était possible, aux tenu-