CHAPITRE VI
aidés par les habiles procédés des légistes, ils firent valoir à outrance toutes les clauses de déshérence et de résolution de bail qui pesaient sur les tenures des copnholders et en réunirent un e:rand nombre à leurs immenses fermes.
Ces trois procédés, connus sous le nom générique (ÏEnclosures, diminuèrent brusquement, dans les comtés du Sud- Est et de l’Est, la population employée aux travaux des champs. De 1488 à lo33, des actes successifs du Parlement eurent pour but de forcer les seigneurs à revenir à l’ancien système de culture et à restaurer les hameaux détruits, les petites exploitations d’autrefois. Toutesces mesures restèrent lettre morte. Une grande enquête parlementaire, en 1349, aboutit à constater solennellement le mal, et en meme temps à le consacrer ; car les bills qu’elle proposa au Parlement, y échouèrent devant la coalition des Landlords, des riches fermiers capitalistes et aussi, sans doute, des Yeomen ou moyens propriétaires, qui étaient .désintéressés dans la question.
Evidemment, l’impuissance du Parlement anglais, comme celle des Papes en pareilles circonstances, montre que la législation rencontre, dans la force des lois économiques, une résistance insurmontable. Le prix du blé resta très bas jusqu’en 1560, tandis que l’élevage était fort lucratif. Gomment forcer les propriétaires à continuer une culture ruineuse ? La transformation inévitable du système d’exploitation du sol devait entraîner nécessairement bien des soutfrances ; mais elles furent aggravées considérablement par la violation odieuse des droits d’usage des villageois sur les Conimons, et surtout par l’expulsion des petits tenanciers. La classe moyenne, qui, dans l’agriculture, est représentée par les Farnipvs et les Yeomen, se développe à cette époque. En .\ngleterre, elle achète des terres seigneuriales, et envoie ses tils à l'Université. Mais dans les pays protestants, les classes Ouvrières sont partout odieusement sacrifiées.
A ces tristes tableaux, on peut opposer les excellents rapports ruraux qui régnaient en France à cette époque entre les seigeurs etles paysans. Les mômes causes économiques y agisf^aientsans doute. Si un certain nombre de grands domaines se sont formés au seizième siècle, parla réunion de petites exiiloitations, comme l’ont prouvé les travauxdeM. Hameau et du marquis de la Jonquière, la noblesse françai se n’a,
LA CRISE DU XVU SIÈCLE
comme classe, à se reprocher aucune violence, ni aucune spoliation juridique.
D’ailleurs, les l’arlements protégeaient énergiquement les paysans contre les empiètements des seigneurs, et les légistes français, à la ditférence de leurs contrères^ d .r^igleterre, travaillaient à élever au titre de propriété utile, la plupart des tenures roturières analogues nw's. Copi/holds . C’était la le résultat de la direction imprimée a toutes les classes de la société par la royauté nationale, fidèles a la mission du pouvoir chrétien, nos rois considéraient comme leur premier devoir d’assurer la sécurité des petits et des faibles, du bonhomme comme disent les ordonnances du
temps.
Cependant, il est à regretter que la petite propriété n’ait pas trouvé, non seulement en Angleterre, mais môme en France, ces assurances de stabilité que la grande propriété se donnait dans toute l’Europe, par les substitutions et les majorats. La formation, dans les villes, de classes riches avides d’acheter la terre, en fit partout comprendre la nécessité à la noblesse.
Dans certaines parties de l’Allemagne seulement, les po.ssessions des paysans trouvèi'ent une protection analogue u celle des grands propriétaires. C’est à cela que ce pays doit d’avoir conservé les races rurales les plus solides du monde. Si l’industrie et le commerce réclament avant tout la liberté, le grand intérêt de la culture du territotre national exige l’union de la famille avec le sol qui porte son foyer.
RÉSULTAT DE LA RKFDRME PROTESTANTE EN ANGLETERRE PAR RAP PORT A LA CONDITION DES CLASSES LARORIEU6ES
Le lollardisme n’avait plus aucun crédit parmi le peuple des villes et des campagnes sous les règnes de Henri \'ll et de Henri \4H. (domine on le sait, riiérésiar([ue Lollard, né en Angleterre, rejetait tous les sacrements et dispensait du mariauje. H avait fait de nombreux iirosélyles dans les premières années du ipiatorzième siècle, et le reldcbement de sa doc-