L.^ CRISE DU XVl*^ SIÈCLE
chaque jour, multiplièrent la mendicité, le vagabondage, et les désordres de toutes sortes qui en sont la conséquence. Une véritable armée roulante, formant une association secrète, ayant ses grades, ses mots de passe, ses signes de reconnaissance, parcourait l’.Vnglcterre, avec la connivence seciète des populations, qui voyaient dans les mendiants des victimes de la politique royale et de la crise agricole.
Une seule chose était possible ; c’était, comme 1 essaya la reine Marie en rétablissant le catholicisme, de restaurer un certain nombre de monastères ; c’est ce que réclainaient énergiquement les Gommons de Cornwall en 1549 ; c’est ce que tenta le cardinal Reginald Pale, par ses admirables statuts de réforme ecclésiastique, en 1556. iMais 1 intérêt des possesseurs de biens d Eglise détruisit tout cela a la nioil de 31arie, et le péril social devint de plus en plus menaçant.
Les économistes de l’époque, devançant Malthus, se plaignaient de l’accroissement trop rapide de la population. Quant au gouvernement, il agissait en édictant des pénalités atroces contre les vagabonds, et en établissant un vaste système de servitude légale, embrassant, dans un cercle de fer toutes les classes inférieures, dans les villes comme dans les
campagnes.
Henry VIII fait inciser les oreilles a tout mendiant valideet le fait pendre en cas de récidive. Edouard VI ordonne que tout indiv-Mu resté trois jours sans travailler pourra, sur la dénonciation de tout householdev, être marqué au fer rouge de la lettre V, et lui être adjugé comme serviteur force et non salarié, par le Justice of lhe peacc qu’il rencon-
trera ! llollinsed, ministre de l’Eglise établie, qui écrivait en 1580, évalue à "2,000 le nombre des vagabonds exécutes sous le règne d’Ilenry VIH : de son temps on en pendait, en
moyenne, de trois u ejuntre cents pdi 3,n. ^
En 1562, Elisabeth édicta un code en 36 articles sur le régime du travail. Ses principales disjiositions obligeaient tout homme de quatorze ;i soixante ans, qui n’avait pas d emploi, à servir comme domestique agricole, — ou, s'il savait un métier, comme ouvrier — tout propriétaire, maître de métier ou fabricant du comté qui le réclamerait par devant deux Justices of the peace. H ne pouvait changer de maître qu’au bout d’un an, et à condition qu’on lui délivrât un passeport. Les femmes non mariées étaient exposéesaux mêmes réquisitions jusqu’à quarante ans. Le nombre des heures de