CHAPITRE VI
travail et la nourriture due aux ouvriers étaient strictement limitées. Quant aux taux des salaires, ils durent être fixés, pour chaque comté, par les Justices of the peace réunis en session. Tout maitre ou propriétaire qui donnait des salaires plus élevés était rigoureusement pupi.
Pour comprendre l’odieuse tyrannie de cette loi, il ne faut pas perdre de vue que les Justices of the peace n’étaient pas de vrais magistrats, mais les propriétaires et les fabricants eux-mêmes, intéressés à se procurer la main d’œuvre à bas prix ; ils ne se firent pas faute de réduire les salaires au strict nécessaire. La condition des ouvriers, comparativement à ce qu’elle était en 1530, se trouva donc fort empirée. Cette situation était pire que le rétablissement du servage en Allemagne, qui maintenait encore certains liens entre le seigneur et les habitants de son territoire : en Angleterre, l’acte d’Elisabeth établissait la domination collective d’une classe sur une autre.
Sans doute des statuts du quatorzième et du quinzièiiie siècle avaient édicté des fixations légales de salaire. Mais, gr;lce aux mœurs éminemment libres de ces temps, gr;lce;i la protection dont la monarchie chrétienne couvrait le peuple, ils n avaient jamais été appliqués sérieusement, et les ouvriers avaient pu constamment profiter de toutes les circonstances favorables pour accroître leur bien-être. Mais à la fin du quinzième siècle en .Vngleterre, les fixations légales des salait es puient fonctionner au grand détriment des ouvriers.
La conséquence fatale de cette situation fut la taxe des pauvi'es.
En vain, pendant cinquante ans, avait-on fait appel à la charité paroissiale ; en 1597 Elisabeth dut établir une taxe obligatoire et organiser le régime du Workhouse. Le poids de cette nouvelle loi fiscale a précipité la décadence (h;s fermiers et des petits propriétaires, tandis que, sous le régime de l’assistance volontaire, toute la charge portait sur les riches et les patrimoines collectifs. Quant aux ouvriers; leur salaire se réduisit encoi-e, et par l’effet des lois d’établissement, ils perdirent celle liberté élémentaire d’aller et venir, que les- chartes d affranchissement des îlges chrétiens proclamaient en termes si énergiques.
Quand un gouvernement prétend supjirimer la pauvreté \oloiitaire embi*assée pour ramuiii' (h* .lésus-Ehrist, il con-
LA CRISE DU XVI® SIÈCLE
damne fatalement la nation à subir la plaie hideuse et vengeresse du paupérisme.