‹ Les grandes époques de l'histoire économique [microform]Chapitre 126 sur 161 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

continua dans les deux siècles suivants. Sans méconnaître les abus qui régnaient alors chez beaucoup d’ecclésiastiques, remarquons qu’une cause économique y poussait presque fatalement par suite de la diminution des rentes en argent, et des déperditions de toute sorte qui réduisirent le patrimoine de l’Eglise, d’abord, pendant la guerre de Cent ans, puis au seizième siècle, les revenus de beaucoup de petits hôpitaux suffisaient <à peine à nourrir leur administrateur et les frères ou sœurs qui les desservaient. Il ne restait plus de (juoi entretenir les pauvres.

Dans les villes, de nouvelles fondations venaient constamment réparer les pertes du passé, ü n’en était pas de même dans les campagnes. Le grand nombre d’hôpitaux qui, au treizième siècle, y distribuaient secours et subventions, était fort diminué au bout de trois cents ans. La tourmente du seizième siècle acheva de les emporter. C’est ainsi qu’une foule de causes concouraient à altérer, au prolit des villes, l’équilibre des forces économiques.

La réorganisation administrative des hôpitaux, a laquelle François I®'’ et ses successeurs jirocédèrent, se fit exclusivement au profit des.fondations urbaines. Elles concentrèrent et souvent absorbèrent les fondations rurales voisines. François l'*'', en 1343 et 1543, obligea les maîtres des hôpitaux et maladreries à rendre leurs comptes devant les juges royaux. Pour en finir avec l’abus toujours renaissant de la transformation des hospices en bénéfices, l’ordonnance de 1379 statua que les administrateurs seraient pris parmi des bourgeois et exclut les ecclésiastiques. La véritable portée de cette exclusion est indiquée par l’exclusion prononcée aussi contre les gentilshommes ; ceux-ci, en elfet, continuaient à s’approprier les biens des hospices, h titre de patrons, et les rédacteurs de l’ordonnance pensaient avec raison qu’on ferait plus facilement rendre leurs comptes <à de simples bourgeois. Du reste, dès 1380, les droits de surveillance des évêques sur toutes les œuvres charitables étaient reconnus, et l’édit de juin 1600 fit aux membres du clergé, dans les commissions des hospices, la place qui leur revenait.

L’union cordiale de l’Eglise et de l’Etat permit au dix-septième siècle ce magnifique essor d'œuvres de charité privée tpii se pehsonifie dans le grand nom de saint Vincent de Paul.

LA ClUSE DU XVI SIECLE

Onant aux secours <à domicile dans les villes, leur réorganisation administrative au seizième siècle, sera l’objet du paragraphe suivant.

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