ASSISTANCE PUBLIQUE ET PROTECTION INDUSTRIELLE
Le seizième siècle eut à triompher d’une crise sociale qui n’est pas sans analogie avec celle que nous traversons en ce moment. 11 y avait alors un aussi grand nombre d’ouvriers sans ressources, et l’Etat tendait à prendre une part trop despotique dans l’organisation du travail. — Mais alors du moins, des hommes sérieux et capables, appuyés sur la force et la stabilité du régime monarchique, s’appliquaient à chercher des solutions raisonnables ii ce grand problème social de la conciliation de la liberté et de la rémunération équitable delà main-d’œuvre, avec la garantie de la continuation possible des travaux.
L’intluencc funeste des légistes fit trop oublier les traditions de spontanéité du moyen âge; mais enfin on aboutit à une organisation qui a eu son meilleur résultat en France, parce que la foi catholique maintenait dans la masse du peuple un amour de la liberté assez ferme, assez éclairé pour réagir contre les théories païennes des légistes, tout en gardant le respect de l’autorité et de la hiérarchie sociale.
Elisabeth, en Angleterre ; Philippe II, en Espagne ; Sixte- Quint, à Rome ; et en France Henri IV reprenant l’œuvre ébauchée par les Valois, dirigent le travail législatif, d’où sont sorties les institutions de Vnncien régime proprement dit. L’Etat moderne est constitué dès cette époque et il intervient dans le domaine économique avœc une suprématie et une suite inconnues jusqu’alors, car le moyen âge avait été une époque de liberté et de spontanéité.
Organiser un système général d’assistance publique qui maintienne l’équilibre dans la répartition des populations entre la ville et les campagnes, — diriger par des règlements,
CHAPITHE VI
des privilèges et des concessions administratives l’industrie nationale et le commerce intérieur, - régler les échanges du commerce international de manière à retenir dans chaque pays la plus grande quantité d’or et d’argent, — voilà le triple but que poursuit la politique économique à la fin du seizième siècle.
Les memes idees théoriques régnent dans toute l’Europe e inspirent la législation ; mais les mœurs et le tempérament e chaque nation en ditrérencient prolbndémeiit l’application pratique et les résultats définitifs.
Le développement du vagabondage, dès les dernières années du ipimzieme siècle, avait amené plusieurs villes allennandes a prendre des mesures coercitives contre les mendiants etrangers, et à s’occuper de leurs propres jiauvres. Le lal ne ht que croître avec la décadence des hospices ruraux et sur ont avec les guerres civiles déchaînées par le proestanùsmc Ln 152i la ville d'Ypres en Flandre élabora plan sui I assistance des pauvres comportant ■ 1» l’exclu-
aksolnl'r I?'"" r «rangers ; 2» l’interdiction
abso ne de la mendicité, ou du moins, l’obligation pour les
mendiants autorises de porter une marque extérieure ou d’a-
eoii un passeport ; 3» l’organisation de maisons de secours
ou I on enfermerait les pauvres de la ville, et où I ’on ferait
ira ailler ceux qui étaient valides : 4« lacréalion d’une taxe
destinée a I entretien de ces établissements cl au secours
des pauvres honteux, et levée sur tous les citoyens y compris
les privi egies c’est-à-dire les nobles et les ecclésiastiques.
lit P f"‘’!i“?«’'®‘'';,'>'’‘’s,'léveloppa ces idées dans un petit hvie. De Subcentiojie jmuperum, qui eut une grande in-
ueiice sur I opinion publique. Des systèmes, analogues d’as-
en lô irt «■•‘Wis il liruges, eu 1326, à Lille,
en 1.5.J0. Lharles-Quinl, par la pragmatique d’octobre 1.331
imposa cetlejegislalion à tous ses Etats héréditaires ; Phi-
s'ions lés*’'V nombreuses’ décis ons ( es de es I appliquèrent dans l’empire d’.\llema<-ne
Jn sait quel développement ces principes rcfurent (l.aifs la
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Deux ordonnances de François I«L en 1336, et plus tard loidonnancede .Moulins Ü566) édictèrent l’obligation pour
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une taxe spéciale. En nièine temps la mendicité et le