‹ Les grandes époques de l'histoire économique [microform]Chapitre 134 sur 161 · L.V CRLSE DU XVP SIÈCLE · texte numérisé non relu

L.V CRLSE DU XVP SIÈCLE

ses vieilles guildes de marchands à se transformer au point de vue commercial et à adopter les progrès techniques réalisés dans la navigation.

Pendant longtemps, les draps anglais étaient si imparfaits qu’ils devaient aller recevoir les dernières façons en Flandre. Les efforts de l’Angleterre pour améliorer ses fabrications furent favorisés par l’émigration de 3ü,üO0 Flamands, drapiers et foulons pour la plupart, qui s’y réfugièrent entre 15bü et 1570. En 1570, des navires anglais, guidés jiar deux marins marseillais, inauguraient le commerce direct de leur pays avec l’empire ottoman et obtenaient pour \di Cojnpa- (jnie du Levant des privilèges semblables à ceux que François P'' avait assurés à la France par les capitulations en 1530. Dès lors l’Angleterre pouvait rompre l’union économique avec les Flandres, qui de[)uis trois siècles était le pivot de sa politi([ue. En 1584, elle déclarait ouvertement la guerre à l’Espagne et n’était dès lors plus gênée pour fonder la Compagnie des Indes Orientales et créer des établissements dans l’Amérique du Nord. Les deux ports de Londres et d’Ainstel-dam ])rirent ainsi dans les dernières années du siècle le rôle prépondérant qu’avaient rempli pendant quatrevingts ans Lisbonne et Anvers. Le dernier coup fut porté à Anvers par Philippe II lui-même, qui, en cédant les Pays- Bas en .1508 aux archiducs Albert et Isabelle, interdit aux ports de ces j»rovinces le commerce direct avec l’.\méri([ue et les Indes 1 Le monopole étroit du système colonial aboutissait au suicide économique de la monarchie espagnole, alors que Charles-Quint avait su si bien comjirendre l’importance des relations commerciales comme lien de cette immense fédération de |)eu]tles.

Elisabeth avait favorisé l'insurrection des Pavs-Bas sans prévoir qu’elle préparait une redoutable compétition économique à .son propre [>ays.

Si l'on s’écarte pour un moment de l'histoire du commerce, pour étudier la constitution politique et sociale des Provinces- Unies, on voit que les démocrates modernes n’ont pas le droit d’invoquer ce précédent histoi i([ue. Ils [leuvent tout au plus réclamer j)our leurs ancêtres ces gueux des hois et des ([lie les patriciens des villes et les nobles révoltés jetaient sur les monastères et les églises, nubien ces ministres calvinistes, qui, dans leurs déclamations furibondes, affirmaient déjà toutes les thèses révolutionnaires. En réalité,

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