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LE CREDIT POPULAIRE EN ITALIE
de-piété de Naples allaient devenir de grandes banques populaires, dans les campagnes on créait de modestes mais très utiles institutions de prêt agricole. Ce sont les monti frumeniarii qui faisaient des avances en nature et gratuites aux paysans pour leur nourriture et surtout pour les semences. Très multipliés dans les Etats de l’Eglise, ils l’étaient non moins dans le royaume de .Naples. On en comptait environ cinq cents en 1780 (1).
Quel contraste avec la cruelle crise agraire que la révolution a créée en Italie, avec cette etfrovable action d’un gouvernement qui, chaque année, exproprie bon nombre de petits propriétaires parce qu'ils ne peuvent plus payer l’impôt !
On aura remarqué dans la liste des premières fondations de monts-de-piété l’absence de Naples, et généralement des villes de l’Italie méridionale. Déjà cette partie de la péninsule avait des mœurs et des conditions économiques absolument différentes de celles de l’Italie du Nord et du Centre. Les deux Siciles, au milieu du seizième siècle, en étaient à peu près au point où en sont aujourd'hui les pays slaves de l’Autriche. Les financiers florentins et génois les exploitaient comme banquiers et surtout comme fermiers généraux des impôts, sans que les indigènes, sur qui ils prélevaient d’énormes profits, eussent aucun moyen d’échapper à leur domination. Ils étaient tout-puissants à la cour des princes d’Aragon et tenaient ces princes besoigneux dans leur dépendance (i).
(1) Ces modestes insliliitions n’ont pas péri. En 1880, il y avait encore en Italie, d’après M. Hodio, réminent directeur de la statisti- (pie italienne, Î9Gô monti frumeniarii. Mais la dépréciation constante de l’argent a diminué beaucoup l’importance des anciennes fondations.
(2) La décadence du royaume de Naples date de la domination des prince aragonais (pii, pour s’assurer la fidélité des grands barons, livrèrent les populations à leur arbitraire. Il est absolument prouvé que le pays était plus riche et plus peuplé sous les princes de la maison d’.\njou et sous la dynastie normande. La domination