Le clergé formait un corps extrêmement nombreux
(1) V. saint Grégoire le Grand, Epistolœ II G, 22, 23, 38, III 13, 15. 22, 2G, 29 ; V, 17, 23 ; VI, 21 ; VU, G, 7, 19, 28, X, 3-i, G2 : XI, 3.
l’église et la constitution sociale au v® et vP siècles 103
les fossores en composaient le premier ordre (1 ), et l’on comprenait dans les ordres mineurs jusqu’aux individus qui remplissaient dans le culte les services les plus humbles. Dès l’origine le clergé fut considéré, même dans les rangs inférieurs de sa hiérarchie, comme un corps séparé de la masse des fidèles par son caractère sacré. Les conciles tendirent de plus en plus à lui imposer un genre de vie particulier.
Le clergé se recrutait indistinctement dans toutes les classes de la société. C’était une pratique qui remontait aux temps apostoliques. Le siège de Rome fut pendant les premiers siècles occupé alternativement par des hommes sans naissance et par des patriciens (2).
Il paraît bien prouvé que dès lors les hommes de condition inférieure étaient les plus nombreux dans les rangs du clergé. Lactance appelait les clercs les frères des esclaves ! Mais les esclaves allaient-ils pouvoir être ordonnés ? Leur condition civile n’était pas en soi une incapacité. Mais on dut veiller à ne pas aller au-devant de conflits avec l’autorité du maître sanctionnée d’une manière si rigoureuse par les magistrats civils. Aussi les Cunstimiions apostoliques , qui témoignent de la discipline courante au iii® siècle, interdisent d’élever un esclave à la dignité de clerc si son maître ne l’a préalablement affranchi. Quand un sujet capable se trouvait dans ce cas, l’Eglise cherchait à tourner la difficulté en- le rachetant. Mais la résistance obstinée d’un maître pouvait y faire obstacle (3). Néanmoins, d’après
(1) V. Cod. Theodos., de lustrali collatione 1. 1 et de Ëpiscopis et clericis 1. 15 ; cf. Gesla purgationis Cœciliani dans les monumenta velera ad donalistarum hisloriam peHinenlia (Patrologie latine de Migiie, t. VIII, p. 731).
(2) Quelques personnes trompées par les mentions de syrus, de persa, et autres qui accompagnent le nom des papes dans les catalogues de l’Eglise romaine, ont cru que des étrangers avaient été élevés à cette époque à la chaire de saint Pierre. C’est une erreur. Les papes ont toujours été pris dans le clergé de la Ville. Seulement dans ce clergé se trouvaient des individus nés de parents étrangers ou qui avaient été amenés à Rome dans leur première jeunesse ; car de toutes les parties du monde on y affluait. Les quelques papes, de l’origine étriyigère de qui on a ainsi conservé le souvenir, n’en appartenaient pas moins au clergé romain.
(3) Constitut. Apostol. VIII, 73, Canones Apostolic., 81 Canones Nicæni ap. Hardouin, I, p. 4G3.