‹ Les grandes époques de l'histoire économique [microform]Chapitre 30 sur 161 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

qui nous est parvenue, ne les mentionne pas expressément en leur qualité. \\ est (juestion seulement des Jwofices, des curiales, des pussessores', des honoraü ; mais on peut penser qu’un certain nombre d’évêques avaient reçu des empereurs la qualité Ahonorati ( I j. 11 semble ditticile qu’ils n’y aient pas été appelés. Dès cette épocjue commença vraisemblablement l’usage que nous voyons dans les monarchies franque et wisigothique d’assemblées mixtes composées des principaux personnages laïcs de la nation et des évêques des sièges les plus importants,

Etïectivenlent, pendant la période des invasions, les évêques avaient dû partout assumer la charge du gouvernement temporel, en prenantla défense du pays que les troupes et les fonctionnaires de l’Empire étaient impuissants à protéger. Synésius organisa la défense de sa ville épiscopale, Dlotemaïs de Lybie, contre les Barbares qui ravageaient la province. A la même époque et dans la même région^, les prêtres des Auxidites avaient fait prendre les armes aux paysans pour repousser leurs incursions. .Un diacre s’était signalé par sa valeur dans ces combats (il).

A l’autre extrémité de l’Empire Sidoine Apollinaire, de concert avec son beau-frère Eccidius, mettait Clermont en état de défense contre les 'SVisigoths en 473 (2h Beu après ce sont lesévêciues de Marseille, d’Aix, de Riez, d’Arles, qui négocient la paix avec les envahisseurs et (}ui signent au nom de l’empereur le traité par lequel l’Auvergne leur est abandonnée (3).

En Italie, oii le pouvoir nominal des empereurs byzantins était représenté j)ar des fonctionnaires, mililia, mais n’était pas soutenu par des forces militaires elïéctives, les Papes furent constamment appelés à prendre les initiatives politiques et administratives pour défendre les populations, soit contre les Lombards, soit contre les exactions des ofticiers impériaux eux-mêmes ; car il n’y avait pas de recours possible auprès du prince. Celle initiative Ait très fréquente de

(1) Synésius Calaslasis ol Ephlol. 122.

(2) Sidoine Apollin., Epislul. Vil. t.

(3) V. Elude d’histoire du droit romain au Y<'- siècle d’après Sidoine Apo/linaire, ]ràv ti. Kiiy.-il-Anioiild (Bîiiis, 1S<S8) pi». 1)7 el suiv.

l’église et la constitution sociale aux V' ET VI® SIÈCLES 147

la part de saint Grégoire le Grand. Elle s’exerça particulièrement à Naples, quoique cette ville ne fit pas partie d’un patrimoine de saint Pierre; à cause de circonstances de fait qui nous échappent, le Pape intervient fréquemment dans ses afl'aires temporelles en invoquant, non un droit de domaine, mais des motifs spirituels ou des considérations de bien public, selon les cas (1;. L'institution du pouvoir temporel se faisait ainsi pressentir sans que les Papes de cette époque la recherchassent. Dans des proportions et avec une autorité moindre les mêmes faits se passaient dans beaucoup de sièges épiscopaux. Les seigneuries temporelles des évêchés devaient en naître inévitablement.

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