‹ Les grandes époques de l'histoire économique [microform]Chapitre 34 sur 161 · CHAPITRE ni · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni

nobles romains, propriétaires d’allenx on de bénéfices, grâce à rimmunité ne l'orment plus qu’une seule classe, sans distinction de race, la classe des grands propriétaires.

Les Germains, petits propriétaires allodiaux libres, se trouvent alors isolés ; ceux surtout (|ui ne sont pas organisés en marches, ont peine à se défendre ; ils sont dans la situation des petits possessores romains et sont forcés d'entrer avec eux dans le cadre de la nouvelle organisation sociale, les uns comme vecommaiidés, vassaux ou même serfs, les autres comme petils bénéficiers.

Bien meilleure, quoique plus obscure, est la conditition du propriétaire romain citoyen d’une ville. Par le Jus Ilalicum (pii existait dans les dernic'rs temps de l’empire au prolit de beaucoup de villes de la Gaule, il y trouve, croyons-

nous avec plusieurs anciens féiidisles, la source des libertés municipales futures. Le maintien du système administratif romain le fait gagner en considération, par rexemption de rimp(')t dont sa terre est l’objet.

Les classes serviles, romaines et germaines de race, forment la grande majorité de la jiopulation. C’était là le legs de l’antiquité païenne à la société moderne ; car le monde antique ne pouvait vivre (jue par la servitude du grand nomlire.

Nous arrivons à l’étude des grands faits économitpies qui ont contribué à la fusion de tous ces éléments et préparé la féodalité. Ces faits peuvent se ramener à cinq.

1° La grande diminution de la ]>opiilation dans la Gaule. 2u La prépondérance absolue prise par la vie rurale. 3° La diminution du numéraire, h» La destruction de l’administration centrale. 5° La coutume devenant presque exclusi- . veinent la source du droit.

• Depuis Dioclétien jusipi’à Clovis, la Gaule est ravagée d’abord par les Bagaudes, colons et esclaves ruraux révol-

tés, qui errent dans les forets et ravagent les villes. Puis viennent les Barbares dont (pielques-uns, comme les Vandales et les Huns, sont do véritables fléaux, et exterminent les populations.

LA FORMATION DE LA SOCIÉTÉ DU VlP AU IX® SIÈCLE lo7

La conséquence de ce dépeuplement, c’est la diminution de valeur de la terre. La spoliation de 1/3 ou de 1/2 des biens que les Burgundes et les Goths imposent aux Gallo- Romains, n’est point une perte véritable, on en arrive à la désirer, car elle soulage del’impi'tt toujours exigé, bien que la terre, faute de bras, soit improductive. Les modes primitifs d’acquérir la propriété, le défrichement, l’occupation, reviennent en pratique, et, par contre, la non culture fait perdre la propriété dans certaines conditions que nous "expliquerons plus tard.

Le bétail est la riches.se la plus importante, et dans quelques endroits la vie pastorale semble renaître. Il faut un législateur énergique pour rempécher de i*eprendre le dessus. La loi romaine fournit le principe de la fixité au sol des classes serviles. Les Barbares le développent, et linissent par l’appliquer aux hommes libres de condition inférieure ; Cliarlemagne oblige les hommes non possesseurs de terre à se recommander et défend la mendicité (1). Les bénéfices et les précaires ecclésiastiques achèvent cette fixation des populations au sol. Les mêmes faits se produisent à cette époque dans l’heptarchie anglo-saxonne, où le simple freeman est obligé de s’attacher à un Ceorl sous peine d’être déclaré ouilaw. La population augmente graduellement à partir du vi« siècle, et au viii® siècle nous trouvons un progrès immense, dans la culture.

La théorie de Malthus est vraie en ce sens que l’accroissement de la population et son rapport avec les subsistances a une grande influence sur les phénomènes de l’histoire.

Le deuxième fait économique est la prédominance de la vie rurale. C’est un changement complet avec le monde ancien, où le mot d’ur^»am'ïas exprimait ce que nous entendons aujourd’hui par civilisation.

Le Germain est un rural par ses mœurs , il conserve ce caractère dans ses conquêtes, et le transmet aumonde féodal .)us(}u au xvii® siècle nous verrons se maintenir la prédominance de la vie rurale en France. Fille a disparu plus t<’)t en Italie; mais elle dure encore jusqu’à un certain jiointeu ,\nglctcrre.

(1) Le Ifuërou, Inslit. caroUnrj., chap., II.

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