‹ Les grandes époques de l'histoire économique [microform]Chapitre 35 sur 161 · V* M «PI · texte numérisé non relu

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lo8 CHAPITRE TII

• Comme conséquence, les collèges d’artisans romains disparaissent devant les industries domestiques ; les fabrications dans les campagnes se développent, elles prennent le dessus, et trouvent un débouché dans les foires qui se tiennent auprès des tombeaux de saint Martin ou de saint Denis.

La grande diminution du numéraire, le troisième fait économique que nous avons signalé, est déjà sensible sous Dioclétien (1;. Les ressources monétaires du monde romain ont diminué; les causes en sont d’abord le transfert du siège de l’empire à Constantinople ; puis les ravages des Barbares qui provoquent l’enfouissement des trésors; l'abandon que l’on fait des mines, le grand gontque les rois barbares ont pour les vases d’or et d’argent, source de crimes nombreux : enfin dans une certaine mesure le développement que prend l’orfèvrerie religieuse. Elle est massive, et absorbe beaucoup de métal. Jusqu’aux expéditions de Charlemagne contre les Avares, la monnaie devient de plus en plus rare. Cette disette rend absolument nécessaire la suppression du prêt à intérêt; car le prêt du capital dans ce contrat ne se faisant que sous la forme numéraire, ceux qui le détiennent ont une position exorbitante. De cette diminution du numéraire provient encore, à cette époque, le changement des redevances en argent, en redevances en nature.

Dans le droit romain dos Antonins, la vente, le louage supposent le numéraire, prelium, tout repose sur l’économie monétaire, et le systèmi; judiciaire des formules aboutit à une condamnation pécuniaire. Au temps de Dioclétien, déjà le colon est souvent métayer, coloni medielarii, et le propriétaire doit, d’après une constitution impériale postérieure, se contenter du paiement en nature.

Dans le monde mérovingien cet état de choses s’accentue. Le colon doit des redevances en nature et des services personnels, des corvées. C’est ce qui est le plus utile, et le plus facile il fournir. L’idée du colonat romain est modifiée : le colon romain ne devait que la redevance, le colon du vie siècle doit le service personnel, la corvée, parce que ce sont les seules choses dont il puisse disposer. Charlemagne

(1) Blanqui, Histoire de l'économie politique, 1, p. B25.

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