LA FORMATION DE LA SOCIÉTÉ DU VIT^ AU ÎX^ SIÈCLE
dans le Capitulaire rfc r?7/i.v pose le principe de la convertibilité en nature des compositions que les lois barbares fixaient en numéraire.
Après les Croisades le numéraire augmente, la population s’accroît et les redevances en numéraire reparaissent.
L’absence du numéraire produit encore cet effet que les impôts, sous le monde romain payés en or, et versés dans le trésor, sont payés en nature. Les juges, les viguiers, les consomment sur place. Ils vivent de leurs honores, et le trésor royal ne reçoit plus rien.
Dans la société, il y a certains services publics qui répondent à des besoins collectifs étendus, à des besoins nationaux; dès lors certains procédés d’unité matérielle sont nécessaires pour satisfaire l’unité morale. Le type le plus remar(|uable de celte organisation, de ces procédés, c’est peut-être l’administration romaine. l.,e Sénat romain a été une merveilleuse école d’administration, et les jeunes patriciens qu’il formait au commandement, trouvèrent déjà d’utiles collaborateurs dans les décuries de scribes, ces premiers types de V employé moderne ; c’est par les administrateurs qu'il a formés qu’il a pu retenir le monde entier sous ses lois.
En vain les Mérovingiens et les Carlovingiens essaient de reconstituer cette administration, elle leur échappe ; les peuples refusent rimp(')t et brôlent les rôles d’imposition. Sous Charlemagne, l’impôt direct a disparu devant les immunités et les honores. Le trésor est vide, il n’a plus de domaines, les services publics disparaissent. L’Eglise recueille le service du culte, celui de l’instruction publique, celui de l’assistance publique. La justice est une administration toute locale.
La viabilité a disparu, l'inslitutiou romaine du cursus publicus, cette charge imposée aux habitants du bord de la route de fournir des chevaux pour les services publics, tombe en désuétude. Charlemagne essaie de la rétalilir, il n’y parvient pas, les routes non entretenues deviennent aliandonnées.
L’administration centrale a disparu ; sans doute des organes administratifs subsistent et le monde féodal fait preuve d’une vitalité extraordinaire, au point de vue de la capacité administrative, mais-ce sont des organes locaux.
Le cinquième et dernier grand fait économique, c’est