‹ Les grandes époques de l'histoire économique [microform]Chapitre 42 sur 161 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

l’Europe entière, il demeure dans toute sa force au delà de sîaveT'^ Alpes, et pénètre juscpie chez les peuples

2. Les traditions romaines qui, grâce à leur passé glorieux et a leurs tonnes savantes, subjuguent l’imagination simple

des conquérants, et translorment si rapidement leurs mœurs

dans certains pays. La renaissance de la Jnrisprndenco et des lettres devait rendre leur prestige à peu près irrésistible, et le porter jusqu’au fond de rAlIeniagne.

3. L Eglise enfin qui, animée d'une vie indéfectible, lutte sans relâche contre la barbarie des peuples du Nord et le sensualisme païen, toujours vivace chez ceux du Midi. Aux

dan^' gouvernement dans son organisation et ses assemblées.

Le tyiic social varie selon rinlluenceplusou moins grande de ces trois éléments, et aussi, quoique dans un\leuré

l^s^acH^'f “h r politiques qui sont comme

les accidents de la vie des peuples. Donc, en négligeant des

chaigc mutile, on arrive à délerininer un certain noiiilire de gioupes au.vqucls se rapportent tout naturellement les etiides monographiques dont chaque cité peut être l'ohiet

gne et de 1 1 alie du nord, situées dans un pavs de langue romane, ou les invasions germaniipies n’oiU fait que gîis-

l’einn.v/'^”^^^^ divisions territoriales de

- P rc leMvent dans les circonscriptions ecclésiastiques se distinguent a la fois par une civilisation plus avancée’ ÿus empreinte des idées chrétiennes et par la persistancè du régime municipal romain. De là un Lis comZltTe Cl utuines et d institutions qui subsiste pendant longtemps quoique altéré graduellement par le cours divers desdeltinees politiques de ces contrées. Ainsi, les guerres de l'independance contre les Mores impriment aux communes

aueTia?l'miî"' et militaire plus accentué

1 d’Allemagne aboutit à l’indépen-

fan les r w et à l’établissement de puis-

ve ce -«pub '<|Ué* maritimes ; en Languedoc et en Pro-

s’Sni ’ , ‘'■«'“‘s Ja moyenne grandeur qui

eleient sur les ruines de l’empire de Charlemagne, assure

'-'Vv

'--Ti

UNE MUNICIP.\UTÉ DU MIDI DE L.\ FR.\NCE 177

aux communes, avec un avenir moins brillant, sans doute, un régime de protection tutélaire et de liberté sagement ordonnée.

Sisteron. — Nous prendrons pour exemple Sisteron, autant parce que le rare perfectionnement des institutions d’une ville si peu importante est déjà un trait caractéristique de l’état social du moyen âge, que parce que les travaux dont son histoire a été l’objet méritent à tous égards d’être proposés comme un modèle à l’érudition locale.

D’origine celtique, Sisteron (1) reçut des Romains cette organisation municipale qui, à partir de l’édit de Caracalla, devint commune à toutes les villes de l’empire, et dont nous trouvons l’exposition au Code ihéodosien lib. I, t. XXIX à XXXI, et lib. XII, t. i à iii, xii et xxviii). Son importance devait être assez grande, puisque, dès les premiers temps, un évêque chrétien y fixa son siège, et qu’à partir de Charlemagne on y voit un vicomte. Jusqu’alors, quelques mentions de ce genre, éparses dans les textes, attestent seules son existence. En ces temps, les villes ne comptaient guère dans les affaires du monde, et les conquérants germains occupaient seuls la scène de l’histoire avec leurs luttes sanglantes elles partages de leurs successions royales.

Après l’établissement du royaume d’Arles (879) et des comtés de Proveitce et de Forcalquier, la vie locale renaquit peu à peu. Les populations, désolées par les incursions des Sarrasins, apprirent à n'attendre leur salut que d’ellesmêmes, et bientôt la domination de l’empereur d'Allemagne se réduisit à une suzeraineté purement nominale. Au milieu de la nuit qui avait suivi l’invasion des Barbares, les noms de famille jadis introduits dans le pays par les Romains, avaient disparu. Quand un peu plus de sécurité eût permis aux relations de la vie civile de reprendre quelque développement, ils reparurent comme d'eux-mèmes au XI® siècle. M. de Laplane a suivi toutes les phases de ce curieux phénomène historique dans une dissertation qu’en finissant il résume ainsi : «. L’indépendance des comtes de « Provence en l'an 1020, l’usage adopté bientôt après par les

(f) Aujourd'hui chef-liou d’arrondissement du département des Basses-Alpes.

Page 1