‹ Les grandes époques de l'histoire économique [microform]Chapitre 51 sur 161 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

« doute qu’à l’exeniple de l’économe infidèle de l'Evangile, « ils surent employer d’injustes richesses à se faire des « amis. Il est certain, du moins, que l'airaire n'eut pas de « suite. Leurs jugements, toutefois, privés dès lors de cette « autorité morale qui est la force de la justice, ne purent (( empêcher les faux nobles de reprendre leurs titres et la « plupart de les conserver. »

Le pire des expédients financiers du xvii'’ et du xviii'' siècle fut la confiscation du droit des communautés à élire leurs magistrats pour rendre vénaux tous les offices municipaux. Comme, après tout, ce n’était qu’affaire de fiscalité, on laissait les premiers racheter leurs libertés à prix d'argent. La Provence se distingua entre toutes par son patriotisme et conserva jusqu’à la fin ses libres élections. Mais il lui en coiita cher! Qu’on en juge par Sisteron. En 17:23, le chapitre seul des offices rachetés « présentait une (( surcharge de 131, ioO livres, et chaque année le gouffre du « déficit allait s’élargissant. Avec un revenu de :2.'i,ü00 li- « vres à peine qu'avait alors la ville, et une dette de « :291.140 livres, sans compter 2:2, (U9 livres d’intérêts arré- « ragés et liquidés, pouvait-il en être autrement ? » On recourut à l'aliénation de ce qui restait des propriétés communales, ce qui fournit 183,500 livres. « Pour le surplus « des dettes, après avoir distrait -40,022 livres dues aux « hôpitaux, dont il fut convenu que la ville continuerait à « servir les intérêts, il y fut pourvu au moyen d’une impo- « sition de 4 livres 4 sols par feu, payable en trois années, « ce qui produisit le complément nécessaire de 07.924 li- « vre (1). »

A la même époque, l'alfouagement de Sisteron dut être décliargé, car dans l’espace d’un demi-siècle il s’était opéré une diminution de plus d’un quart sur la masse des fonds imposables (2j.

(1) Hist.poL, t. II, p. 316.

(2) Ce triste résultat doit être altril)iié an déboisement des montagnes, qui laissait le fond des vallées sans défense contre les torrents qui se forment après les pluies. Depuis lors, le mal n’a fait que croître. Les chiffres suivants en montreront l’étendue : en 1503, dans la seule commune de Sisteron, il y avait 15,950 bêtes à laine, 43!l bœufs ou vaches et 200 bêles de somme. En 1889, dans tout le canton de Sisteron, il n’y avait (pie 13,520 bêtes à laine, -402 boHifs ou vaches et 709 bêtes de somme.

UNR MUNICIP.XLITK DU MIDI DE LA FHANCE 199

A partir de ce moment les finances de la ville se relèvent (1). Malheureusement le pouvoir central intervient de plus en plus dans ses affaires, et cela sans qu’aucun abus de l’administration municipale paraisse en avoir donné l’occasion. En 1723, il fallut un arrêt du conseil du roi pour autoriser la vente des biens communaux. Le même arrêt fixa la somme de ses dépenses annuelles à 3,010 livres 40 sols, et en régla minutieusement le détail ; tout excédent devait rester à la charge des consuls et de l’intendant (2).'

Lescitoyens de Sisteron ne s’en attachaient qu’avec plus d'ardeur à leur vieille constitution municipale. En 1770, ils la réformèrent encore. « Le nombre des membres du conseil « ordinaire est fixé à 34, savoir: 3 consuls en charge, les 3 « consuls de l’année précédente et 28 conseillers. Chacun « des trois états y est représenté par neuf de ses membres, « et la population agricole de La Baume par un habitant de « ce faubourg. Le premier consul est pris parmi les gentils- « hommes, officiers retirés du service avec le grade de

jj

(1) C’est ce que prouve le tableau suivant de sa situation financière en 1787 :

Ressources. — Ferme du poids de la farine 9,223 livres.

Taxe du vin 9,099

2 liards par livre sur la viande... 4,223

Ferme du courtage 1,082

Loyer du magasin de bois 12

15,721 florins cadaslraux à 34 sols le florin 26,743

Total 50,386 livres.

Charges. — Deniers du roi el du pays 31,309 livres.

Imposition de la viguerie et des

chemins 1,950

Intérêts dus par la communauté. . 3,:160

Honoraires et gages 1,769

Cas inopinés 3,000

Page 1