IX. — LA NOBLESSE DE SECOND ORDRE
M. Limayrac a parfaitement raison d’insister sur le fait que la moilié des membres du consulat devaient appartenir à la noblesse. C’est à tort qu’Augustin Thierry a présenté l’émancipation des communes comme un mouvement insurrectionnel et démocratique. Rien n’est plus faux comme donnée générale. Le nombre des communes où cette émancipation s’est produite pacifiquement est infini, en comparaison de celles où il y a eu lutte. Ensuite partout on voit au début les nobles de second ordre s’associer avec les bourgeois et les habitants des campagnes pour assurer vis-à-vis des hauts seigneurs la reconnaissance de leurs libertés civiles et de leurs droits politiques. Qu’on lise les ouvrages de von Maurer ou du regretté M. Poullet, et l’on verra la grande place que font aux lignayes les constitutions communales du xii® siècle dans les Pays-Bas, dans rAllemagne, dans la France du Nord. Il en a été de même en Italie. Mais tandis que, au XIII'’ siècle, dans les grandes cités commerçantes et industrielles, les gens de métier ont exclu du gouvernement municipal les nobles et les patriciens, dans le Midi de la France, aussi bien en Provence qu’en Languedoc f2), presque partout des consuls nobles siègent à la tête de la municipalité à côté des consuls bourgeois. Cette combinaison est particulièrement fréquente dans les chartes de ville franche du
(1) V. supra, l’étude sur Sisforon.
(2) Les villes consulaires elles républiques de Provence au moyen dye yiar J. de Seraiiou (Aix, 1858, in-H"), p. ;17.
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