‹ Les grandes époques de l'histoire économique [microform]Chapitre 68 sur 161 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Par contre, de grands progrès pour l'inslruction populaire et le soin immédiat des pauvres s’étaient accomplis depuis le xviie siècle. Presque chaque paroisse avait sa charité, el M. Limayrac constate l’existence, dans presque toutes les communes rurales, d’établissements charitables tenus par des religieuses.

La baronnie s’enorgueillisait à bon droit de plusieurs grands hospices. L’un d’eux, l’hôpital de dame Hélène, avait été fondé en 109.j à la traversée de deux voies romaines, à l’endroit où s’élève aujourd’hui le village de l’Hospitalet ; il était destiné à recevoir à la fois les voyageurs et les malades. Son histoire est celle de beaucoup d’hôpitaux du même genre. Des frères et des sœurs sous la direction d’un maître hospitalier, et avec un chapelain, y soignent les malades. L’évêque de Cahors en a la haute direction, mais les barons de Castelnau en ont retenu le patronage. Puis peu à peu l’hèpital et son patronage se transforment en bénéfices, par un abus très général contre lequel le concile de Vienne chercha vainement à réagir. Ruiné une première fois par les Anglais, il est relevé grâce à des quêtes accompagnées d’indulgences qu’ordonne l’évêque. Toutefois il ne recomra pas sa première importance, et fut définitivement détruit en 1570 parles calvinistes. Ses biens furent alors réunis aux bénéfices voisins.

L’hôpital de Castelnau avait eu une origine semblable. Les consuls de Castelnau en étaient devenus les patrons à l’extinction de la famille fondatrice, ce (jui assura son existence. M. Limayrac raconte les dilapidations dont il fut l’objet de 1790 à 1798. C’étaient alors les conseils municipaux qui le régissaient directement. Les administrateurs qui en prirent la direction en l’an VII, constatèrent que « depuis la Révolution, les municipalités qui se sont succédé « à Castelnau n’ont rendu aucun compte et s’ysont refusées « obstinément». Ils avaient de bonnes raisons pour cela.

« Nous pourrions reproduire, dit M. Limayrac, les délibé- « rations qui établissent les emprunts que les membres du « corps municipal faisaient à la caisse de la fondation en « guise de placement !» (p. 467.) La laïcisation a fait ses preuves, on le voit, il y a un siècle.

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