‹ Les grandes époques de l'histoire économique [microform]Chapitre 71 sur 161 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

(les fourclies patibulaires à Castelnau, c’est-à-dire à s’arroger exclusivement la haute justice que la charte de 1^91 partageait entre lui et les consuls. En 1770, dans un procès intenté par le seigneur, Léon de Bonnal, à la ville de Castelnau et aux paroisses de la baronnie, le parlement, violant tous les principes du droit, lui reconnut des droits seigneuriaux inconnus aux âges précédents : obligation pour les habitants de tenir leurs chiens attachés, sanction plus rigoureuse des mises en défens des biens du seigneur, droit pour le seigneur de fixer le ban des vendanges et de faire vendanger ses vignes plusieurs jours avant, exagération des droits honoriliques, etc. Et cette aggravation des droits financiers des seigneurs, ce revirement de la jurisprudence se produisent à une époque où les seigneurs ne rendent plus aucun service d’ordre général ni même d’administration locale, où la noblesse de premier ordre ne réside plus dans les pays et consomme ses revenus à la cour, où cntin les usurpations do noblesse, inconnues à l’époque où les barons et les seigneurs remplissaient de vraies fonctions sociales, se sont multipliées outrageusement! Les parlements étaient devenus le plus grand obstacle à toutes les réformes civiles et politiques.

L’administration centrale n’était guère plus intelligente. Des arrêts du conseil du roi des 2 août 1729 et o juin 1791 défendirent la plantation de nouvelles ' ignés, à moins d’une autorisation expresse de l’intendant. C’était, disent les arrêts, pour augmenter la production du blé, et aussi, ajoutent-ils, en trahissant les intérêts (jni les avaient obtenus, pour empêcher la baisse du prix des vins dans d’autres endroits. Des arrêts semblables avaient été rendus pour les généralités de Tours, Bordeaux, .'Uivergue, Chalous, Montauban, et dans la province d’Alsace.

Le résultat de pareilles mesures fut un enchérissement progressif du blé })endaut le xvmR siècle sur le marché de Castelnau. Il résulte d’uu tableau des prix du blé donné par M. Limayrac que la quarte de blé (72 litres), qui de 1719 à 1740 valait eu moyenne 8 livres et demie, valut de 1741 à 17()0 9 livres et demie et de 17(50 à 1789 13 livres et quart (1 ). Cette augmentation dans la Valeur

(1) Cela fait ressortir riiedolilre à 11 fr. 80 pour la première ériode,àl3 fr. 19 pour la deuxième, fi 18 fr. 43 i)Our la troisième.

ÜNR BARONNIE ET CNE MUNICIPALITÉ DC QUERCT

du blé dépassait la diminution du pouvoir d’acquisition de l’argent, et comme elle se produisait en même ternpsqu'uue amélioration incontestable des méthodes de culture, elle était le résultat du mauvais régime de circulation des grains (1).

Des mesures comme l’interdiction de la plantation des vignes tirent accueillir avec faveur par tous les esprits éclairés le fameux mot d’ordre des économistes, laissez faire : laissez passer. Appliqué au commerce, — et c’est uniquement en ce sens qu’ils l’entendaient, — il a été parfaitement justifié par l’expérience.

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