‹ Les grandes époques de l'histoire économique [microform]Chapitre 79 sur 161 · CONDITION ÉCONOMIQUE ET MORALE DES CULTIVATEURS · texte numérisé non relu

CONDITION ÉCONOMIQUE ET MORALE DES CULTIVATEURS

AUX XVe ET XVIP SIÈCLES.

Étudions maintenant la condition économique et morale des cultivateurs aux quinzième et seizième siècles. Tous sont pleinement libres à cette époipie. Les rares mainmortables qui existent encore sur quelques points reculés du royaume, (la Franche-Comté faisait alors partie de l’Fmpire) ne sont plus que des curiosités juridiques. Les rois de France s'appliquaient activement à les atfranchir. C’est ce (iiie lit Henrill, par un édit de 1553, pour les pays de Bresse, Bugey et Valromey, qu’il venait de réunir à la couronne. Leur condition avait d’ailleurs été tellement transformée, la taille et la corvée si strictement limitées, que la mainmorte n’avait guère d'autres conséquences que de proliiher la vente de la tenure héréditaire à d'autres qu’à des mainmortables du même pays, d’empêcher l’hypothèque, de limiter le droit de succession aux enfants vivant en communauté avec leurs parents. Réduite à ces termes, la mainmorte était une condition économique dont les avantages halançaient les inconvénients, aux yeux de certaines personnes. Ainsi en jugeaient les dix mille Picards qui, au milieu des guerres du règne de Henri 11, (juittèrent la France pour aller en Franche-Comté occuper des tenures de mainmorte.

Ceci explique comment l’Eglise, qui avait pris si vigoureusement l’initiative de l’aholition du servage dans les âges précédents, semhle s'en désintéresser à cette époque, et comment en France et en Angleterre, les derniers serfs se trouvent dans les terres ecclésiastiques. Les hommes des églises étaient souvent, au milieu des désordres et desguerres

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