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INTÉRIEURE DES VILLES

L’intérêt qui s’attache au régime des corporations urbaines ne doit pas faire perdre de vue que les industries rurales, organisées généralement sous un tout autre régime, contribuaient, pour une part relativement plus considérable que de nos joui s, a la satisfaction des besoins des populations. .Cette dilîusion de la vie industrielle rend très vraisemblable

le chiffre élevé de la population rurale de la France au moyen âge.

toutes les industries, qui exigeaient remploi d’une force hydraulique ou une grande consommation de bois ou de charbon, .étaient forcément l’objet d'une concession seigneuriale, puisque les seigneurs étaient presque partout jiropriétaires des forêts, des cours d’eau et avaient seuls le droit de faire des étangs. C’est en vertu de concessions de ce genre que se sont développés les moulins hydrauliques, les forges et hauts fourneaux, les verreries et les papeteries. Cette dernière industrie avait pris en France un très grand développement au (jiiinzièine siècle, et cela en dehors de toute règlementation, par la libre initiative des seigneurs et des fabricants. A la fin de ce siècle, l’usage des hauts fourneaux et des niartijHîts mus par une chute d’eau, dévelo|)pa considérablement l’industrie sidérurgiipie, et l’on vit, dans beaucoup de provinces, notamment en Périgord et en Limousin, des familles de gentilshommes ('Xjdoiter directement leurs forges, coinnie 1 a (“tabli, dans un liav ail très reinaripiable, le baron de \'ernheil.

Les fabrications domesti([ues,qui jtourvmyaient en majeure partie aux besoins de l’bahitation et du vêtement dans les classes populaires, existaient dans les campagnes, dès les

LA CUISE DU XVie SIÈCLE

temps les plus anciens. En se perfectionnant, elles donnèrent naissance ;i ce qu’on appelle des fabriques collcclives, dont les produits pénétraient sur les marchés et les foires.

Des droits d’usage dans les forêts ou les carrières étaient souvent concédésaux habitants des seigneuries, qui se livraient à certaines fabrications de ce genre accessoirement à leurs travaux agricoles.

L’organisation communale leur suffisait généralement ; cejiendant, ;i Sevrey en Bourgogne, on voit des fabricants de vases de grés, les tupiniers, former une corporation dès le quatorzième siècle. .M. Fanal deCliizy a décrit récemment ce type très intéressant et presque uniipie de corjioration rurale. Du peut en rapprocher cependant la corporation des Barons fessiers, nampiers et ferons de la haute Normandie, ipii présente un mélange très jiarticiilier d’organisation corjiorative régionale et de juridiction seigneuriale.

L’intérêt que les seigneurs avaient :i voir se développer dans leurs terres les fabriques de draps et de toiles, les porta d’assez bonne heure à réglementer les types de fabrication; car il n’\' avait pas alors démarqué de coma/erce particulière, mais seulement des marques locales, qui devaient donner confiance au public.

Les produits de ces fabriques rurales trouvaient un libre acci's sur les/bô’cs. L.'i, en elfet, à la différence des mafebés ordinaires, les visites des gardes des corporations cessaient et la concurrence la plus complète régnait. Les foires étaient, dans l’ancienne organisation industrielle, le contrepoids des monopoles corjioratifs, et emjiêcbaient ceux-ci de devenir préjudiciables au bien général. ‘

(]e|»emlant, les coiqiorations urbaines voyaient avec jalousie ce développement des industries rurali*s. En Artois et en Flandre, elles firent, à diverses reprises, sous les .Vrtevelde, en 1555 et encore en 15IU), des efforts pour détruire les métiers des pay.sans. Les rois de France ne se prêtèrent pas ;i ces tendances. Fepemiant, les nombreux privilèges accordés aux corporations urbaines, au quinzième et au seizième siècle, contribiierenl h la décadence des fabriipies rurales de textiles en France tandis ([u’en .\nglelerre, d’après un témoignage de f54b, elles |)renaient un très grand l'ssor.

Le temps (le l’ind(*pendance |)oliti([ue des grandes communes est passé. Leurs désordres financiers et leurs dissensions intestines ont, dès le (juatorzième siècle, obligé la royauté à

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