LES CORPORATIONS DE MÉTIER
Etudions maintenant les Corporalious de métier. Au quinzième et au seizième siècle, elles prennent un développement considérable dans toute l’Europe. A Home, après la lin du grand schisme d’Occident, en France, sous Charles VII et Louis--XI, quand les plaies de la guerre de Cent ans sont cicatrisées, elles se multiplient, en raison même du progrès des arts manufacturiers, du développement du commerce c|ui fait abandonner en partie les fabrications domestiques, et de la prépondérance croissante de la vie urbaine.
Pour comprendre le fonctionnement pratique de la corporation, il faut se rendre compte de ce qu’était alors la famille ouvrière et de 1 importance considérable que prennent les confréries de toutes sortes à la même époque.
La famille était profondément chrétienne et les classes \ouées au travail manuel échappaient à la corruption assez lépandue en ce temps-la dans les hautes classes. Ou se mariait généralement assez tard, mais les enfants étaient nombieux, et les parents restés célibataires trouvaient au foyer un asile moral et protecteur.
L’autorité du père était très énergique et s’affirmait par le testament. Le testament était considéré comme essentielment religieux, depuis que la règledu tiers-ordre franciscain 1 avait prescrit a ses membres, et la même où le pouvoir de disposer de ses biens était tort restreint par les coutumes, la direction donnée parle chef de famille à ses enfants n’en était pas moins très efficace. Les testaments du pays de Liège, publiés par M. de Hyckman, nous montrent une organisation domestique absolument semblable à celle des familles de Limoges, de blorence ou du (Juercy, si bien décrites par M.M. L. (luibert, Peruzzi et (lalabert.
En fait, les professions étaient héréditaires. César Cantu signale l’usagedes « Livres de raison » chez les plus humbles familles en Italie. « Elles se glorifiaient de leur métier
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