‹ Les grandes époques de l'histoire économique [microform]Chapitre 85 sur 161 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

« comme d’aulrcs de leur blason. Un maréchal ferrant écrit : « Mon bisaïeul fut maréchal, et, dans sa ville, il occupa le « premier rang parmi ses confrères ; il eut trois fils. Cristo- « bino exerça la profession de son père, et mon père lui « succéda ; or, comme mon père voulait que Tun de ses fils « fdt maréchal, il me fallut abandonner l’étude de la gram- « maire selon ses désirs, et diriger sa boutique. Ainsi ma « famille a fourni six maréchaux ferrants, l’un après l’autre, « et je fus le septième. »

Les statuts des corporations, qui donnaient tant de privilèges aux tlls de maître, contribuaient puissamment à cette hérédité des professions. Comme le fief, l’atelier de l’artisan, la boutique du marchand, étaient transmis intégralement, de génération en génération.

La confrérie a existé à toutes les époques du moyen âge. Parfois elle a servi de groupement à des factions et a été alors énergiquement réprouvée par les pouvoirs religieux et civils; mais comme elle répondait:! des besoins sociaux découlant de la nature morale de l’homme, l’Eglise l’a constamment défendue, témoin un très curieux opuscule du curé de Saint- Lustache de Paris, en 1578 : De V Inslitution et abus survenus ès confrairies populaires.

Au quinzième siècle il n’y a pas une seule corporation à laquelle ne soit annexée une confrérie religieuse. A côté de ces confréries professionnelles, d’autres, fort nombreuses, embrassant toutes les classes, comme la fameuse Confrérie de Notre-Dame, à Paris, contribuent puissamment à l’harmonie sociale.

La corporation, qui assure à un groupedélimité d’artisans le monopole de la fabrication de produits déterminés et réglemente et limite cette fabrication, est une institution éco»nomique, qui a été légitime et utile ;iu moyen âge. Mais elle contient un principe dangereux, celui du monopole. On sepréoccupait beaucoup, jadis, de réprimer ce monopole. Dodin indique a cette lin des mesures de police, dans le chapitre de la Républ u/ue où il expose les avantages et les inconvénients des corporations; mais si leur monojtole restiiit toujours contenu dans certaines limites, c’est que l’enseignement si rigoureux de l’Eglise en cette matière, formait la conscience de chacun de leurs membres. Sans cesse leurs devoirs d'état leur étaient rappelés dans ces confréries.

Les projets de rétablissement des corporations par l’Etat,

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