‹ Les grandes époques de l'histoire économique [microform]Chapitre 88 sur 161 · COMMERCIALES · texte numérisé non relu

COMMERCIALES

Les corporations étaient véritablement au temps

de saint Louis. Elles répondaient alors si parfaitement aux conditions^ matérielles de l’industrie et à l’état économique général, qu’aucun travailleur n’eût même pensé à exercer son métier en dehors d’elles. Elles ont conservé cette autono-

LA CRISE DU XVI® SIÈCLE

mie, partout OÙ elles sont restées des confréries professionnelles, c’asl-u-dire partout où elles n’ont pas supprimé la li- • berte du travail.

-Mais la où elles ont été érigées en métiers jurés, la surveillance et l'intervention constante du pouvoir supérieur étaient necessaires pour empêcher leur monopole de devenir abusif. (. est un devoir auquel les grandes communes et la royauté Il ont jamais manqué ; mais l’enseignement si rigoureux de de 1 Eglise sur les hausses exagérées des prix, par le fait des coalitions, a été plus réellement efficace que toutes les ordonnances du pouvoir civil.

En plus dune circonstance, nos rois intervinrent pour réprimer la tendance des corporations jurées à exclure pratiquement les compagnons de la maîtrise, pour la réserver aux

seuls fils de maifres, et à ne pas recevoir les ouvriers étrangers a la ville.

Des historiens ont prétendu trouver dans les ordonnances ( e Jean II, de Charles V, de Charles VI, le système moderne de la liberté de l’industrie. M. Alexis Chevalier a montré avec une haute compétence, qu’il n’y avait là que des mesures politiques, nécessitées par la turbulence de la population parisienne, et qu’elles avaient été purement transitoires. Le trait caractéristique de notre histoire est au contraire une union étroite de la royauté et des classes populaires.

Au xvie siècle, les abus des corporations, dans les villes jurees, étaient devmius assez graves pour qu’un mouvement d opinion sérieux réclamât leur suppression radicale, ainsi que l’abolition des confréries. Otte abolition fut etfectivemenl prononcée par l’ordonnance de 1539; mais, comme tous les actes législatifs contraires à la nature des choses 1 ordonnance resta lettre morte, et à la même époque, par une étrange contradiction, le roi multipliait les érections en inetierjuré, par des lettres patentes spéciales.

A la lumière que nous donnent aujourd’hui les évènements des deux sitkles suivants, on se prend à regretter que les hommes d’Etat du xvi® siècle, en favorisant les confréries professionnelles, n’aient pas largement fait pénétrer la liberté du travail dans les corporations, ce qui n’eût été en réalité qu’un retour à leur institution [irimitive. .Malheureusement l’esprit réglementaire et l’esprit liscal dominent à cette époque. Les règlements ('dictés par le pouvoir central, sur la labrication des draps, des soieries, des toiles, sont bien

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