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CHAPITRE VI

uns ot les ïiutrcs. En Immiicc, on ne vil jumnis les maîtres interdire aux compagnons la fréc|uenlation de leur auberge, comme en Allemagne. Ees moeurs chez nous étaient encore supeiieuies aux institutions j aussi, tandis (jue les grèves étaient très fréquentes de Tautre côté du Hhin, depuis le mi* lieu du quatorzième siècle, on n’en constate qu’un nombre

insignifiant a Paris et a Lyon, dans des professions toutes spéciales.

Cependant, c’est à cette époque qu’on voitnaftre ou plutôt se développer le Compagnonnage. Cette institution a rendu des services incontestables aux ouvriers qui voyageaient de ville en ville ; mais elle est inspirée par l’esprit "d’antagonisme et a toujours reposé sur des cérémonies ju’ofanatoii’cs et des pratiques anti-ebrétiennes, qui lui donnent des traits de ressemblance avec la tranc-maçoniu'rie. Le caractère de certaines légendes, et d’autre part les assemblées secrètes dans les cabarets, reprochées aux compagnons dès le quinzième siècle, donnent lieu de croire que le compagnonnage date de cette époque et qu’il a été importé en France par l’Allemagne. Cfiioiqu il en soit, le |)réambule d’une ordonnance de 1541 le monti'c établi a l.j on chez les ouvriers imprimeurs, et, depuis, on suit son extension j)as à pas dans les divers

métiers et dans toutes les villes où le portait le tour de France.

En 1655, on reproche aux compagnons de recevoir indistinctement les catholiques et les huguenots. Cela indi(pie que le compagnonnage est issu d’un mouvement d’idées antichrétien ; car, depuis le milieu du seizième siècle, la plupart des statuts des corporations inscrivent tout d’abord l’obligation d appartenir a la religion catholique, apostolique et romaine. Mais, il ne faut pas exagérer l’importance, à cette époque, de ces cléments de di\rision. Le grand mouvement national de la Ligue nous montre les maîtres et leurs ou- \ 1 ici s eti oitement unis sous les bannières de leur corporation et de leur confréries, et c’est cette union fondée sur la

communauté de croyances, qui sauva la patrie et la société.

Etudions maintenant les organisations particulières au gland commerce, aux marctiands en gros, merciers, (jrossiets, qui se sont toujours distingués nettement des détaillants. Leurs confréries religieuses, leurs fondations chantables ont eu sur eux une intluence morale qu’on ne sau-

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