CHAPITRE VI
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La curieuse institution duroi des Merciers et de ses Vice-Bois locaux, se manifeste aux quatorzième et quinzième siècles, quand l’organisation municipale primitive des marchands en gios disparaît. Charles \ II en 1448 la sanctionne ; mais cette organisation nationale, subdivisée en régions, ne paraît pas avoir eu l’importance desmerchants regulated companies anglaises contemporaines. Le roi des merciers institue une Chevalerie commerciale, qui probablement est plutôt une pioche parente de la Basoche et de la royauté des ménestriers qu’une solide institution corporative. (Quoiqu’il en soit, en 1548, François Ier l’abolit.
Dès cette époque le commerce en gros fut complètement alfranchi du régime corporatif, et s’exerça en pleine liberté. Un courant d idées très vif se manifeste à plusieurs reprises, au seizième siècle, en faveur de la liberté commerciale. En 1557, dans le préambule d’un édit rendu à la requête des Etats, Henri II expose les principes de la liberté du commerce dans un très beau langage, qui révèle une connaissance très exacte de 1 économie politique. En 1597 encore, la Communaulé des marchands fréquentant la Loire, fait frapper des jetons avec ce bel exergue: Ex libertale commercii ubertas.
Entie la gueirede Cent ans et les ti’oubles des guerres de religion, la grande navigation avait pris un remarquable essor. Les découvertes des Dieppois avaient précédé celles des 1 01 tugais, et Jacques (..fcur avait jete, en Egvpte, les bases de la politique des capitulations, qui, jus(ju’aux lamenmentables défaillances de la République, assurèrent la prépondérance du pavillon français dans les Echelles du Levant. Livrés à leur seule initiative, sans aucun règlement ni direction de l’Etat, les marins de Saint-Malo et de Vitré ouvraient des débouchés nouveaux au commerce français. Les troubles de la tin du siècle allaient malheureusement arrêter ce développement. Le protestantisme ruina la France <à cette époque comme le lit, deux siècles plus tard, la Révolution.
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nÉVKLOPPKMKXT SOCIAL DES RÉPUBLIQUES ITALIENNES DU XIV« AU MILIEU DU XVl^ SIÈCLE.
Jusqu’au milieu du xvi*’ siècle les Lombards, les Florentins, les 4'énitiens, les (iénois ont eu, dans l’Europe occidentale, une prépondérance commerciale et tinancièie qui rappelle celle dont l’Angleterre a joui depuis le commencement de ce siècle jusque vers 1870. Ils tenaient entre leurs mains le crédit de tous les Etats, et celui des hautes classes; ils avaient le monopole de tout le grand commerce; et, ce' qui complète l’identité des situations, cette |)uissance reposait sur une production manufacturière très avancée, et sur la possession d’un magnilique empire colonial dans le Levant.
La prise de Constantinople par les Croisés, en 1204, assura complètement aux Vénitiens une puissance commerciale et militaire qui ne cessa qu’en 1570, par la perte de Chypre. A leur exemple, les Génois créèrent de tlorissantes colonies dans la mer Noire, et accaparèrent le commerce de la péninsule des Balkans avec l’Egypte et les principautés seldjoucides de la Syrie. Les Florentins, héritiers des Pisans, et même les Catalans se firent aussi leur part dans le démembrement du vieil empire byzantin.
Outre le blé, le sel, les poissons salés, qui subvenaient au déficit ordinaire de la production alimentaire dans les villes méditerranéennes, les Italiens tiraient de l’Orient la soie, le coton, les perles, les pierres précieuses, les épices, les jiroduits pharmaceutiques, lés teintures, le sucre, qui étaient recbercbés par les hautes classes de l’tmrope occidentale, avec une telle avidité que les lois somptuaires devaient se multi- |)lierpour les empêcher de se ruiner.
En retour, ils ex})ortaient pour l'Orient les toiles, lesdiaqis de qualité supérieure, les armures, les ouvrages en fer que leur livraient la France, l’Angleterre, l’Allemagne et aussi, pour une large })arl, les fabriipiesde la Lombardie, de Venise elle-même et de Florence.
fiHAPITHE VI
L’iniporlunce des fabriques llorentiiies nous amène naturellement à étudier la constitution des classes ouvrières en Italie. Partout à cette époques elles sont organisées en corporations qu’on appelle àV'enise, .Ir/e îi Florence, Uni-
versila ariisticp \\ Rome. Mais ces corporations se rapportent aux types des Confréries professionnellesdn Midi de la France, si différents des Métiers jurés du Nord et des Corporations fermées de l’Allemagne, comme on l’a vu précédemment.
Les corporations italiennes ont admirablement rempli leur rôle d’assistance mutuelle et religieuse, ce qui explique les excellents souvenirs qu’elles ont laissés dans ce pays. ,A Florence particulièrement, elles avaient été merveilleusement adaptées aux conditions essentielles de la prospérité de l’industrie. Leurs statuts devaient être approuvés par une magistrature spéciale, les Appro/jaieurs des statuts des arts, qui veillaient à ce qu’elles ne lissent pas tourner au monopole la force résultant du groupement professionnel.
On leur défendait d’élever la taxe d’immatriculation de manière là en faire un obstacle à l’accès du métier à quiconque voulait y. entrer. Les maîtrises n’existaient pas à titre de grade distinct ; de plus, f>oint d’apprentissage obligatoire, point d’épreuves de capacité, ni de chef-d’œuvre. Ln I4ül,la baylie de Florence cassait les statuts élaborés jiar certains arts, qui imposaient des épreuves de capacité, en déclarant que ces épreuves n’étaient nécessaires, pour garantir l’ordre public, que lorsqu’il s’agissait des notaires, des médecins, ou des apothicaires ; mais que, pour toutes les autres professions, l’incapacité du producteur lui nuisant avant tout à lui-même, l’Etat n’avait pas à intervenir.
En 1425, on réprimait également les tendances restrictives des corporations de Pise, en disant que les barrières élevées à l’exercice des métiers diminuaient la concurrence entre producteurs et nuisaient à l’accroissement de la population. ’ Enfin, il était permis de cumuler l’exercice de plusieurs professions. C’est ainsi que Florence avait su heureusement combiner les avantages religieux et politiques du groupement des artisans de la même profession, avec le respect de la libertédu travail, cette condition indispensable du progrès industriel dans une population dense et avancée.
La rivalité qui existait entre toutes les villes, entre Florence et Pise, entre Gênes et Venise, s’accusait non-seulement par des /ois de naviyation très exclusives et par un régime