DU GUESCLIN ET JEANNE D’ARC
Depuis Louis VI le Gros, la France avait été gouvernée par des rois habiles et sages, qui avaient reconquis toutes les provinces anglaises, sauf la Guyenne, soumis les seigneurs à leur autorité, et protégé dans son
travail la bourgeoisie» qui commençait à faire la richesse et la force de l’État.
Les premiers rois de la race des Valois (qui succéda aux descendants directs de Hugues Capet *), Philippe VI et Jean II, n’imitèrent point l’exemple de Philippe- Auguste et de saint Louis. Au lieu de mettre leur gloire dans le bon gouvernement du royaume, ils dissipèrent les finances de l’État par leur prodigalité, et lorsque la longue guerre avec l'Angleterre, qui devait durer plus de cent ans (1337-1453), commença, ils ne surent point défendre la France contre l’invasion de l’ennemi. S’ils eurent le courage du chevalier, ils n’eurent point ta prudence et l’habileté du capitaine qui gagnent les batailles»
Jamais, cependant, la France n’eut plus besoin de chefs expérimentés, car les Anglais se portèrent à cette guerre avec la plus vive passion. Ils voulaient reprendre leurs anciennes provinces, et leur roi Édouard II, petit-fils de Philippe le Bel par sa mère, comme Philippe de Valois l’était par son père, osait prétendre à la couronne de France. Il faillit même y mettre la main. Vainqueur aux batailles de Crécy et de Poitiers, maître du roi Jean II, qui avait été fait prisonnier, il
• Charles IV, le dernier des descendants directs de Hugues Capot, n’ayant laissé qu’unefille(et les femmes no régnant point en France), une assemblé© de barons et de notables de Paris et des principales villes reconnut pour roi Philippe do Valois. Ce prince, comme on le voit, chef d’une branche collatérale, appartenait aussi & la famille capétienne, dont la descendance directe avait régné de 981 à 1328. — La nbuvelle dynastie des Capétien» Valois régnera de 4328 à f 589. v- . < - <v
eblinl, au traité de Brétighy (1360), tout lè pays ait sud de la Loire. Il convoitait le reste, et ne trouvait point d'obstacle à son ambition dans un royaume démembré et ruiné.