‹ Les grandes époques de la France (volume 2)Chapitre 8 sur 24 · IV · texte numérisé non relu

IV

Les ordres religieux militaires se proposèrent plus encore, et joignirent les austérités du cloître, les müitaires soins hospitaliers, aux vertus de la chevalerie. Se

* « Ayant aimé la malédiction, elle tombera sur loi ; ayant

rejeté la bénédiction, elle sera éloignée do lui. — Qne ta malédiction lui soit comme l'habit qui le couvre et comme la fitÛR* te do la quelle 4 est toujours coint. »

dompter d’abord puis se dévouer, telle fut leur devise. Les chevaliers de Saint- Jean de Jérusalem devaient accueillir, soigner, escorter les pèlerins qui venaient à Jérusalem; ils remplirent avec dévouement pendant deux siècles ces humbles devoirs. Quand il fallut battre en retraite, ils plantèrent à Rhodes, puis à Malte, la bannière de leur ordre; ils eurent ainsi une existence longue et honorable, en continuant à combattre sur mer les infidèles et en servant de rempart à la chrétienté. Les chevaliers du Temple, eux aussi, ajoutèrent à leurs serments les vœux de pauvreté, de chasteté, d’obéissance, et celui de combattre les infidèles. Le chef du chapitre, en recevant un nouveau frère, lui disait : « Les règles de l’ordre sont sévères; vous vous exposez à de grandes peines, à d’imminents dangers. Quand vous voudrez dormir, il faudra que vous veilliez; il faudra supporter les fatigues quand vous voudrez vous reposer; souffrir la soif et la faim quand vous voudrez boire et manger; passer dans un pays quand vous voudrez passer dans un autre. » Le récipiendaire disait : « Je jure de consacrer mes dis- • cours, mes forces et ma vie à défendre la croyance en l’unité de Dieu et aux mystères de la foi. Quand les Sarrasins envahiront les terres des chrétiens, je passerai les mers pour délivrer mes frères. Tant que mes ennemis ne seront que trois contre moi, je les combattrai et je ne prendrai point la fuite. » Les Templiers ne conservèrent pas les vertus du temps où ils se désignaient eux-mèmes du nom de puvres chevaliers ; ils se perdirent par la richesse et l’orgueil. Mais il

ne faut pas se souvenir seulement de leur dêclinet cîc leur chute; il faut se rappeler comment ils furent, au ; temps des croisades, la force et l’honneur des armées \ • chrétiennes. C’étaient eux qui formaient pour ainsi , •' ’

dire Jes cadres des nouveaux venus; soldats d’avantgarde à l’attaque, d’arrière-garde à k retraite, ils /■

essayaient de soumettre à une sage tactique les che- ’ . valiers inexpérimentés et présomptueux de l'Occident.

Tâche difficile ! Plus , d’une fois, compromis par la y témérité de leurs auxiliaires, il ne leur restera plus, comme nous le verrons à la Massoure, qu’à mourir pour l’honneur de leur ordre. , >; - ,* '* . ■ ;

La chevalerie, en se transformant à travers les sic-

niutiur de

eles, ne laissa point périr tout à fait l’esprit de son * ««>▼••• institution. Godefroy de Bouillon, le héros de la première croisade, est certes bien différent du héros de Marïgnan, François I er ; tous deux cependant appar- •• \ v ■ tiennent à la chevalerie, qu’on verra se modifier avec le temps sans laisser altérer le sentiment de l’honneur qui fut sa sauvegurde. On a dit que le héros de ' % \ > Cervantès, don Quichotte, fut le dernier des chevaliers; mais la satire même de k chevalerie n’est-elie pas un . panégyrique immortel ? Si nous rions de 1a crédulité du héros et de ses mésaventures, en sommes-nous moins touchés de sa vaillance, de son désintéressement et de sa foi? •- ' ^

• Un. dernier mot, pour réclamer au nom de 1a France te principal honneur de la chevalerie. De même qu.’oqv a nommé les croisades « les Gestes de Dieu par les Français, » toutes les nations de TEurope ont douaé

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le nom de jeux français aux exercices de la chevalerie, et de chansons à la française aux romans qui nous raconteuses hauts faits.

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