‹ Les grandes époques de Mr ThebaultChapitre 16 sur 62 · LE QUATORZE JUILLET · texte numérisé non relu

LE QUATORZE JUILLET

valeur, qui se trouve être encadré par deux radicaux qui n'entendent pas qu un rallié vienne les frôler pendant une manifestation républicaine.

M. licrmillon est un honnête homme, qu'il est agréable de fréquenter dans la vie privée, mais auprès duquel il serait dangereux de se montrer dans la vie politique.

On n'arrive pas à s'entendre:

« Marchez tout seul. » dit-on à M. Bermillon. Mais il refuse d'aller ainsi à la revue.

Ler. groupes se désorganisent, on élève la voix et le tumulte est à son comble quand M. le Maire, à qui le Capitaine des sapeurs-pompiers a fait comprendre que l'on était en retard, crie un :

« Placez-vous comme vous voudrez » quicontente tout le monde.

Le Maire s'est mis immédiatement derrière la musique des pompiers ; ses deux adjoints sont à ses côtés. Ces Messieurs ont quitté leur pardessus et sont ceints de leur écharpe. Ils sont en habit.

Le Capitaine des sapeurs commande d'une voix retentissante :

• H) LES GRANDES Kl'ouiKS DE M. TIIEBACLT

« En avant... marche ! »

VA la colonne entière s'ébranle au son d'un pas redoublé qui donne à tout le inonde un air crâne de circonstance.

Les pompiers ont pris la formation de garde d'honneur, c'est-à-dire qu'ils encadrent le Conseil qui, lui, a pris une constitution violemment politique : derrière la Municipalité vient le groupe des quatre ralliés, que suit, très compact, se serrant les coudes au moral autant qu'au physique, celui des quatorze républicains. Un de ceux-ci, sanglé dans un redingote entièrement boutonnée, marche au pas en relevant la tète d'un air convaincu. C'est M. Rousset, le commandant en retraite, qui est furieux que r.es collègues n'aient pas une allure plus militaire et se permettent de causer sur les rangs.

L.3 cortège descend ainsi la Route Nationale et se rend sur la place de la Révolution ou doit se passer la revue.

Sur les promenades, les gens endimanchés courent pour arriver avant le Conseil et jouir du coup d'œil de son entrée.

Le Soleil est de la partie.

Page 1