LE PREMIER DE L AN Q
à faire, allume la lanterne et la pose sur la table.
M.Thebault ira, tout à l'heure, voirsi les magasins sont fermés et retrouvera, dans la chambre commune, sa femme, en bonnet de nuit et en camisole, avec des bigoudis sur le front.
M. Thebault, malgré son retard, sera encore couché le premier.
A 6 heures 1/2, le lendemain matin, il sera debout. Les pompiers arrivent au petit jour.
Après une nuit agitée, M. Thebault s'est levé d un bond.
6 heures — il est temps de s'habiller.
Sa femme, qui ne dormait que d'un œil. attendait ce signal :
(( Allons — mon pauvre ami — je te la souhaite bonne et heureuse. »
M. Thebault, en bannière, va vers le lit de Mme Thebault qu'il embrasse en lui faisant le même vœu.
Ils se désirent mutuellement que l'année soit meilleure pour les affaires, que leur santé soit bonne..;.. Il y a un peu d'émotion dans la
ÎO LES GRANDES EPOQUES DE M. THEBAULT
voix do M. Thebault, niais il v en a beaucoup
plus clans les veux de M Thebault qui fondent
comme pour le mariage d'un proche parent. . .
Il fait un froid de chien.
M. Thebault s'empresse d'enfiler son caleçon, ses chaussettes, son pantalon et puisque sa femme est éveillée, met ses souliers par la même occasion. Il s'apprête à se livrer à de légères ablutions, mais l'eau de la cuvette est gelée, le pot est collé au fond.
(( Quel froid ! Ah ! quel froid ce matin ! »
M"10 Thebault se renfonce dans son lit, pendant que son mari se passe timidement un coin de serviette sur les yeux et se donne un coup de peigne dans les cheveux ainsi que sur la moustache.
En cinq minutes, il est habillé.
Avant de descendre, il soulève un rideau, donne un coup d'œil dans la rue qui est silencieuse : il y voit M,no Mirau qui se rend à la messe de chez les Sœurs et il fait part de ce passage à Mme Thebault.
En face, chez le voisin, il aperçoit une lumière qui va d'une fenêtre à l'autre, disparaît du pre-