GARCIA MO RE NO
ayant conçu le projet d'y installer une grande ambulance, le supérieur général la seconde de son mieux, et, après le départ cle la fondatrice, continue lui-même cette œuvre généreuse. A Verdun, les Frères vont ramasser les morts et les blessés sur les remparts assiégés. A Sedan, ils recueillent des matelas, de la paille, lavent les plaies, se font chirurgiens, donnent des nouvelles des malheureux soldats à leurs familles inquiètes. A Gravelotte, plus de huit mille victimes sont relevées par eux sur le théâtre de la lutte. A Châlons, les Prussiens eux-mêmes, dont ils soignent les blessés, leur témoignent leur admiration ; seuls les fanatiques de la libre pensée les poursuivent de leurs injures, et ces injures sont encore un honneur. Cependant, à Dijon, les garibaldiens sont désarmés par le dévouement de ces robes noires, qu'ils détestaient tout d'abord, et leur demandent pardon de les avoir si mal jugées. De tous côtés, jusqu'en Belgique, où la maison de Carlsbourg principalement se transforme en un vaste hôpital, ces nobles exemples sont imités. En plusieurs lieux, les Frères tombent victimes de leur dévouement. La variole et d'autres maladies contagieuses les déciment; mais leur courage n'en est pas abattu : ils affrontent la mort sans la moindre émotion.
Enfin Paris est investi à son tour. Au mois de novembre, les ambulances de la presse font un appel au zèle du frère Philippe : il le transmet à ses subordonnés, sansleur rien enjoindre, et tous s'écrient : « Nous sommes prêts. » Le 30, cent cinquante d'entre eux, après avoir reçu les encouragements de leur supérieur, que retiennent seuls son grand âge et les devoirs de sa" charge, suivent le général Trochu, traversent la ville aux acclamations de lafoule,„
se dirigent vers Champigny. Divisés en escouades, ils s'avancent sur le lieu du combat et vont, munis de brancards, ramasser dans la neige, sous une pluie de fer et de