‹ Les Grandes figures catholiques du temps prâesentChapitre 27 sur 65 · PS · texte numérisé non relu

PS

'■■ Sfiifc

à*- lISSï î'"1- "^«■•' 1

III^TO^KiT^SirHBaliH

£»J? lïSl!

mSÊRBBSM

fm^

",/ -^^^raiffl^ii1^-''^^^' •

^^SSKBÊÊMmêêêSbKÊB^

' ti- =

^^^^I^M^^^mm^lW-

i8sÈKË0'j& 1 :

-"SSS;

^^ifci^îr^ffi^i^^v^JiW^^y1;)! ' j£f - -m ^ , *™

$mKÈ$ HEHmifl " =

^==t2sï^w f* *l s' ' '" ■** ?" '"flaitlllgll T'?iNl 1 lIlf/MJnKa a.- ■ --

jg^==

~ Us

ij: ffl"^"^ ÎSs JS^isT

tr=aB==^,ss^s

^^^J^BS^gr^TT —

S,=tbb-~. ;.___ — :

'""'■" "âSST-

--^— - :■ ■; :liT;SBR

LA cathédrale; d'aix,

où prêcha le R. P. Monsabré.

l'athéisme ; la divinisation du peuple et la misère du pauvre ; l'égalité absolue et la liquidation sociale. » En face de ce Syltabus du radicalisme athée, voici la charte que le P. Monsabré promulgue : « Dieu, source unique de la vérité et le chrétien acceptant la vérité telle que Dieu la donne ; Dieu unique source du devoir; Dieu affermissant la famille ; Dieu donnant aux parents la possession de l'enfant ; Dieu ordonnant les inégalités sociales sur l'inégalité fondamentale du genre humain. » Mais il ne suffit point d'affirmer la suprématie du Christianisme, il faut faire connaître le dogme ; tâche difficile. Le Credo est une sublime synthèse. Notre siècle, qui se targue de tout connaître et de tout savoir, n'en sait point le premier mot. Il a remué la terre, dompté la mer, creusé les montagnes, franchi les abîmes, mis la foudre au service de sa pensée et de ses convoitises : en est-il plus avancé et plus savant? Non ! Un jour, au milieu de ses rêves devenus des ruines, une voix se fait entendre. Qu'est-elle? C'est la voix de la Théologie et de la Scolastique : elle parle un langage que le monde ne comprend pas. Eh bien ! le P. Monsabré va nous traduire dans un idiome moderne les chants et les mélodies des interprètes divins du Moyen-Age. Son « Exposition du dogme catholique » sera la version la plus éclatante et la plus française de la « Somme ». Le monde profane prêtera-t-il enfin l'oreille à cette parole bienfaisante qui vient consoler les misères humaines ?

Exposition de la Doctrine catholique deBossuet a cinquante pages; Y Exposition duP .Monsabré comprend vingt-sept volumes. Pendant vingt ans, les Conférences de l'orateur de U Notre-Dame exercent l'attention de la critique, susrwjjp citent l'admiration du public chrétien et soulèvent même les applaudissements de l'élite intellectuelle de la France. Si l'orateur a parfois les onctueuses tendresses du P. deRavignan, la dialectique serrée du P. Félix, il jette plus volontiers des cris à la Bridaine, qui semblent jaillir sans effort de son tempérament robuste et fougueux. Comme il tonne ! Comme il éclate en évangéliques colères ! Mais cette fougue et cette vigueur n'excluent ni la mansuétude ni la finesse. Moraliste subtil, poète mélodieux et charmeur, le P. Monsabré, pour démontrer l'immortalité de l'âme, introduit un jour dans sa Conférence les hirondelles, qui, à l'automne, désertent les nids familiers et « partent pour des régions inconnues ». Mais ces élans n'ont rien de commun avec l'ithos cher à tant de prédicateurs. Vous chercheriez vainement chez le P. Monsabré ces aphorismes creux et sonores, ces maximes banales, ces amplifications déclamatoires qui ne laissent derrière elles rien de substantiel ni de profond. Un vrai gonfalonier de l'Évangile ne se contente pas,' en effet, de se montrer un orateur disert, et un intraitable champion de la Vérité : il veut en être l'apôtre. Or, pour l'apôtre, si la forme est une

riche draperie qu'il serait imprudent de dédaigner, il ne faut pas non plus que cette draperie serve à masquer le vide de la pensée.

Théologien consommé, nourri de la moelle de saint Thomas, le P. Monsabré s'élève aisément aux sphères les plus hautes et illumine de clartés inattendues le Thabor de la métaphysique chrétienne. Sa pensée habite les plus hauts sommets. De 1873 à 1890, il interprète, il explique, il éclaire le Credo, depuis la première affirmation jusqu'à Vin sœcula sœculorum. Ses discours forment un commentaire perpétuel du Symbole des Apôtres; c'est à la fois l'apologie la plus éloquente et la plus documentée des dogmes chrétiens. L'herméneutique du P. Monsabré n'admet pas plus les nouveautés stériles que les généralisations vagues. L'orateur s'inspire toujours de l'Évangile, des Écritures, des Saints Pères et des grands Docteurs de l'Église, — de saint Thomas surtout, son maître préféré, dont il s'est approprié, par une forte étude, les sévères conceptions théologiques. « Saint Thomas, dit-il, nous a laissé le squelette aride de sa démonstration, mais je lui ai demandé la gvîwQ de revêtir ce squelette d'une parole claire et vive comme celle par laquelle il charmait jadis nos étudiants de la célèbre Université de Paris.» — «Vulgariser renseignement de saint Thomas, écrit-il ailleurs, en tenant compte des légitimes exigences de l'esprit moderne et des découvertes de la science, a été le désir de toute ma vie apostolique. » Le premier mot de la foi que le conférencier jette à ses auditeurs du haut de la chaire, c'est donc le Credo. Cette hardiesse lui porte bonheur. C'est en exposantTe dogme catholique que le P. Monsabré remporte ses plus

Page 1