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LA POLITIQUE

ui clone a dit — c'est sans cloute un parlementaire qui avait de l'expérience — : « La politique est une cuisine malpropre : il est difficile d'y toucher sans se salir un peu les mains. »

Le mot est sévère, et probablement injuste, pour une occupation chère à la plupart des citoyens français.

Ce qu'il y a de sûr, c'est que dans l'état cle division où nous sommes, et avec la liberté de tout critiquer et de tout dire dont nous jouissons, la politique a diminué, de nos jours, presque tous ceux qui ont livré leur renommée à ses hasards. Pour quiconque a d'autres moyens de se faire connaître et de vivre, c'est peut-être cle l'abnégation que de se jeter dans cette arène, parmi des tourbillons de poussière aveuglants, et en proie aux bêtes. Je croirais volontiers un tel dévouement digne de passer pour héroïque, s'il était plus rare. Malheureusement c'est une marchandise qui est beaucoup offerte et qui est très peu demandée : ce qui la déprécie singulièrement.

En ce qui regarde M. de Mun, c'est la politique qui l'a demandé, on l'a vu plus haut, ce n'est pas lui qui s'est offert. Déjà, dès le début de sa carrière oratoire, il avait reçu des avances. Au mois de décembre 1872, près de

deux cent officiers, ou élèves de l'École Polytechnique, de l'École Saint-Cyr et de l'École Centrale, étaient réunis à Athis pour l'entendre. L'heure du déjeuner était passée,

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