‹ Les Grandes figures catholiques du temps prâesentChapitre 57 sur 65 · A L'ARCHEVÊCHÉ · texte numérisé non relu

A L'ARCHEVÊCHÉ

on existence avait désormais changé de direction. Autant de goût qu'il eût à s'occuper des âmes, six années de ministère actif avaient largement défrayé l'ardeur d'un jeune apostolat, avait bien publié, dans le Correspondant un essai sur le Saint Paul de M. Renan. Mais enfin, depuis son retour de Rome, la part de l'étude avait été petite dans sa vie. C'était priver son intelligence d'un aliment dont elle était singulièrement avide. Elle souffrait de ce jeûne prolongé. La pensée lui vint donc de se remettre aux travaux de l'esprit et de faire même de la science sacrée le principal emploi de sa vie, tout en restant au milieu des pauvres et en leur réservant une part de son activité. Mais il n'arriva pas à son but par le chemin qu'il avait choisi ; la Providence lui fit faire un long détour.

Celui qui est aujourd'hui le cardinal Bourret venait d'être nommé évêque de Rodez (1872). La chaire qu'il occupait à la Sorbonne devenait vacante. Le jeune vicaire de Saint-Ambroisc posa sa candidature. Sa vie aurait pris une voie toute différente, et peut-être eût-il maudit plus d'une fois son succès, s'il avait réussi; car il s'agissait d'une chaire de droit canonique. Il se disait bien qu'il n'y a pas de sujet stérile, — à condition que l'on sache en sortir;

et Use promettait sans doute de faire souvent l'école buissonnière loin des décrétâtes, dussent-elles lui tenir rigueur pour son infidélité. Mais tout a une limite, même l'infidélité. Et il aurait bien fallu que cet esprit, ami de la lumière et du libre espace, s'emprisonnât parfois dans l'obscur dédale des textes. Il ne fut pas mis clans cet embarras : un autre candidat lui fut préféré.

Mais aussitôt, et sans qu'il le cherchât, son talent trouva à s'employer ailleurs. L'archevêque de Paris, Mgr Guibert, ayant demandé à M. Langénieux, devenu vicaire général, de lui indiquer un jeune prêtre, sachant écrire et qui pût l'aider dans ses compositions, l'ancien curé de Saint- Ambroise lui nomma celui qu'il avait eu pour vicaire. L'abbé d'Hulstfut donc appelé à l'archevêché, où il reçut le titre de vice-promoteur. Bien qu'il fût chargé de suppléer le promoteur et de seconder les vicaires généraux clans la direction des œuvres si nombreuses à Paris, son occupation principale était de servir de secrétaire littéraire à l'archevêque. On se rappelle ces lettres pastorales, si nettes, si pleines et si fermes, par lesquelles Mgr Guibert dirigea Faction catholique, en France, pendant les quinze années de son épiscopat. C'est l'abbé d'Hulst qui les rédigea presque toutes. Mais elles sont bien pourtant de celui dont elles portent et dont elles honorent la signature.

Quand il avait conçu le projet d'en publier une, le cardinal faisait appeler son secrétaire. Il pensait tout haut devant lui, développait oralement le canevas de ses idées, et lui demandait de préparer une rédaction. Mais dans, cette rédaction il remarquait, du premier coup d'œil, l'absence de la moindre de ses pensées, si l'abbé d'Hulst

Page 1