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PHILOSOPHIE

n voit quelle est sa manière de conduire un argument et d'exposer une idée. Il y est fidèle: on la retrouve dans tout ce qu'il écrit. Et il a déjà iDeTmjuaïp écrit, surtout si Ton tient compte du temps considérable que les œuvres de charité et de religion ont

(1) Mélanges oratoires, t n, p. 258-9.

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dérobé et dérobent à son activité. (1) Il a touché à des sujets bien divers ; c'est môme un penchant de son esprit d'explorer des pays nouveaux. Mais il se plait surtout dans les hautes régions de la philosophie. Sa pensée ne s'interdit certes pas les excursions sur les frontières et plus loin, mais c'est là qu'elle paraît avoir élu 'domicile. A Issy, dès son entrée au séminaire, son goût se montra avec évidence et se donna d'éclatantes satisfactions. On enseignait alors dans cette maison, nous l'avons vu, le système ontologiste : doctrine élevée, poétique, — plus poétique que vraie, plus élevée que solide — et, comme l'a définie La Fontaine, « subtile, engageante et hardie. » Les professeurs y ajoutaient des conclusions où la piété trouvait son compte. Ils commentaient avec ferveur, presque avec passion, le mot de saint Jean : « Le Verbe est la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. » Ils répétaient, après Fénelon, qu'il y a un soleil des esprits, et que notre raison est la voix de ce Dieu caché que notre cœur cherche, et qui habite au centre de nous-mêmes. Le voir ainsi en soi et

(1) Outre les volumes de ses Conférences de Notre-Dame qu'il publie chaque année, — il y en aura bientôt cinq — et qui sont enrichis de notes étendues destinées à achever d'éclairer le lecteur sur les problèmes abordés dans les discours, Mgr • d'Hulst a fait paraître deux volumes de Mélanges Oratoires, dont le premier est consacré à l'éloquence de la chaire, le second aux questions d'enseignement ; un volume de Mélanges Philosophiques, où il a groupé ses principales conférences sur des sujets de philosophie et quelques articles de Revue ; une brochure sur M. Renan ; une autre que nous avons déjà citée : que sont devenues les Facultés libres ; une étude sur une encyclique du pape Léon XIII ; elle a pour titre : Le droit chrétien et le Droit moderne ; deux biographie ascétiques : la Vie de la Mère Marie-Thérèse et celle de Just de la Bretennière, missionnaire et martyr en Corée, son ami. Voilà la partie consistante de son œuvre jusqu'à ce jour. Pour en dresser le catalogue complet, il faudrait y ajouter un assez grand nombre de discourset d'articles de Revues qui ont été imprimés, mais qui sont restés à l'état de dispersion.

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partout, entrer avec lui dans cette sorte de contact immédiat, dès cette vie, en attendant la pleine possession que nous promet l'autre, c'était un beau rêve, fait pour séduire une intelligence toute jeune, amie fervente de la religion et de l'idéal. L'élève admirait d'ailleurs ses maîtres. Il accepta donc leurs théories avec facilité: il en devint le partisan convaincu, ardent, enthousiaste.

Peut-être pourrait-on en retrouver encore aujourd'hui une lointaine influence dans l'élévation habituelle de ses idées, et le penchant qui l'incline aux aperçus métaphysiques.

Quant au système proprement dit, il y a longtemps qu'il s'en est détaché. Il a quitté Platon pour Aristote, ou plutôt, il a renoncé aux rêveries aériennes de l'ontologisme pour se rendre aux doctrines plus positives et plus fermes de saint Thomas d'Aquin.

Cette conversion de son esprit date de son séjour à Rome. Certes il n'ignorait point, en quittant Paris, la Somme Théolorjique de celui qu'on appelle l'Ange de l'école. Mais, sous l'influence du cardinal de Reisach, et avec une intelligence désormais formée, il en fit alors une étude plus approfondie, qui fut fatale à ses premières idées. Lorsqu'il revint en France, il était scolastique, et il n'a jamais cessé de l'être. En se donnant pour la seconde fois, son esprit s'est donné pour toujours.

Aussi, quand par une de ces vicissitudes qui atteignent la fortune des systèmes comme celle des hommes, la doctrine thomiste fut recommandée par Léon XIII et devint l'enseignement quasi officiel des écoles catholiques, il ne se trouva pas obligé, comme d'autres, de changer

la voile de son navire ; il n'eut qu'à rester ce qu'il était pour se trouver dans le sillage.

Justement il faisait alors des conférences de philosophie à l'Institut catholique ; c'était la première année de son rectorat. Il y aura toujours des gens, on le sait bien, pour être plus royalistes que le roi, plus papistes que le pape... et plus thomistes que saint Thomas. Un scolastique exalté dénonça le conférencier à Rome : il l'accusait de cartésianisme. L'accusation était singulière. Car de bons juges reprochaient précisément à M. l'abbé d'Hulst de se montrer trop sévère pour Descartes. Et l'on n'a qu'à lire, en effet, un intéressant dialogue, où il met aux prises l'auteur du Discours de la Méthode et les plus célèbres philosophes de nos jours : on y voit clairement qu'il est fort loin de juger avec faveur le système cartésien et son influence (1)

Mais le souverain pontife l'ignorait, et il avait pris le grief au sérieux. On le disait même vivement irrité. L'abbé d'Hulst se rendit à Rome avec les cahiers de son cours ; il n'eut pas de peine à se justifier, auprès du savant cardinal Zigliara et du cardinal Pecci frère du pape. Léon XIII accueillit ses explications avec bienveillance, et, pour effacer les traces du malentendu, il lui envoya spontanément, un peu plus tard, le titre de Prélat de sa maison.

C'est une dignité que toutes les autres universités catholiques avaient facilement obtenue pour leur recteur, comme une sorte de parure d'usage. Mais l'abbé d'Hulst, en recevant le rectorat, avait prié le cardinal Guibert de ne

(1) Mélanges philosophiques, pages 303—339.

pas la demander pour lui. Elle lui vint donc d'elle-même sans sollicitation ni de sa part ni de la part de personne ; c'est un témoignage public que Rome tint à lui donner de son estime et de sa confiance. (1)

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