‹ Les grandes formes de la musiqueChapitre 11 sur 90 · id. 2e partie, se. iv · texte numérisé non relu

id. 2e partie, se. iv

4. V. Surtout l'Introduction de Roméo et Juliette : Combats, tumulte, intervention du prince.

delà du symbole *, vers la liberté totale de l'émotion.

Le monde s'offrait à lui tel qu'un tumulte d'apparences que notre volonté détermine et subit. Cette parole hindoue : « Regarde autour de toi; tu es tout ce que tu vois », il l'acceptait, comme si elle fût sortie du fond de son être ; et, seule, la musique pouvait, dans une persuasion immédiate, en dévoiler l'évidence, parce qu'elle ramène à des mirages de sentiment les aspects solides de la vie qne le drame nous impose. II vit en elle l'art rédempteur, où nous découvrons qu'hors de noire idée les formes des phénomènes ne sont rien. Pour Ysolde, l'appel du cor se perd en un bruit de source; mais ces deux chants que sont-ils, sinon le tintement de son désir?

Le désir veut s'affirmer libre; il se complaît à la frénésie de ses changements. De modulation en modulation, l'effort chromatique s'enfle vers un terme impossible. Les rythmes sont brisés, les tonalités, qui se pénètrent, semblent nier leurs existences distinctes. Un motif est englouti sous un autre, et, sans prendre haleine, renaît; et son retour, en se répétant, devient aussi irréel que sa fuite. Ils s'amalgament entre eux, s'entrecroisent en un buisson flamboyant. Ils remémorent, parmi les images actuelles, les visions mortes. Au moment où Siegfried rêve à sa mère qu'il n'a jamais vue 2, les violoncelles se ressouviennent de la nuit d'amour de Sieglinde. Brunehilde, à son réveil3, salue la lumière du même hymne que redira Siegfried

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