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V. l'Ouverture et la grande scène du troisième acte

lante, dans ce remous d'étincelles sonores, toute pensée lucide est submergée. L'âme a distendu ses énergies pour que le monde flottât, tel qu'un songe, au sein de sa libre émotion. Mais le monde la déborde, et sa liberté s'anéantit. Cette victoire des éléments, Wagner lui-même en donne jine image colossale h la fin du Crépuscule des Dieux: le feu consume le Walhall; le Rhin envahit la terre: avec les dieux, l'homme succombe; le chaos refait l'unité.

Ainsi se répondent ces deux phrases qui émergent comme deux flambeaux sur son drame et sur tout le lyrisme allemand.

« La vie et la mort, l'importance et l'existence du monde visible, tout ici dépend uniquement des mouvements intimes de l'âme. »

« Tout ce qui est individuel se perd dans l'haleine de la vie universelle1. »

Après la surtension de la pensée wagnérienne, une période de langueur artistique était fatale.

L'Allemagne s'est liée au tenace effort d'approfondir, de propager Wagner. Elle se repose, en outre, d'avoir nourri, depuis Bach et Mozart, une telle succession de grands inspirés. Leur continuité, pour la première fois, s'arrête avec Brahms. Brahms est mort. La musique des survivants demeure sérieuse et substantielle. Us gardent la science ; mais beaucoup semblent las de ce qui constituait les formes héréditaires, unité dense, polyphonie, lyrisme absolu, symbole. Ils éprouvent un besoin de vérité simple. Max Bruch assagit la flamme de

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