‹ Les grandes formes de la musiqueChapitre 33 sur 90 · Portraits et Souvenirs, p · texte numérisé non relu

Portraits et Souvenirs, p

Ailleurs, au souvenir d'une actrice de zarzuela « grosse, cburte, ramassée, » mais qui, « dès qu'elle ouvrait la bouche et faisait un geste, se transfigurait !, )) il note l'impuissance de la plastique abandonnée à son seul prestige : (( Il y avait, au même théâtre, une grande brune, admirablement belle, qu'elle éclipsait complètement.' »

L'appareil extérieur de son art lui pèse : son rêve serait d'écrire sans barres de mesure, ni accidents, ni portée 2, d'avoir une plume agile comme l'inspiration. Il exècre la correction plate, les formules. Il méprise un orchestre « bien peigné et pommadé. » Il ne veut pas d'une musique qui ne serait qu'un instrument de plaisir charnel. Selon lui, les sons « vont frapper à la porte du sens esthétique 3 ; » là, leur vérité s'achève dans la conscience et l'émotion de l'idée. Les notes contiennent l'idée, et elle les dépasse : un jour que le violoniste Maurin venait de lui jouer le trio en fa (op. 18) avec des nuances contraires au texte, il le loua d'avoir rendu sa pensée mieux qu'il ne l'avait indiquée lui-même. Il tient à la perfection du style; mais pourquoi? C'est que la forme étant sûre, le sentiment se fixe plus immédiat, même dans son premier charm3 d'éclosion indécise.

Ainsi, par la métaphysique latente qui s'y ramifie, son œuvre équilibrera le double besoin de l'esprit moderne : elle aura le déterminisme solide de la science et l'essor vers la liberté.

Son développement poétique fut aussi large, quoique moins harmonieux.

2. Tentative qu'ébaucha M. Erik Satie dans son étrange prélude de la Porte héroïque du ciel, drame ésotérique de Jules Bois.

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