V. le trio en fa, p. 4, et le quatuor à'Henry VIII
les molles suspensions trop affectées par les contemporains.
Il choisit des tons limpides, et à moins qu'il ne com pose un morceau de difficulté, (l'Etude en forme de valse) évite les armures chargées ; le mi bémol majeur1 a exercé sur lui une séduction : opulent, moelleux, avec un éclat moins brutal que le re.
Il tourne à son usage, volontiers, les moyens qui renforcent la persistance des éléments sonores : de fréquentes syncopes; des retards, de temps à autre, quand l'expression veut une solennité méditative, dans le Cantabile de Pkaëton, l'hymne au Jupiter de Benvenuto2 ; et surtout des pédales au grave qui, sous les phases du chant, maintiennent une sonorité constante; elles donnent à son orchestre des fonds solides, mais unis, amortis, réminiscences des basses de l'orgue. Le motif de la Beauté, dans Ascanio 3, s'élargit sur la pédale de fa : cette note semble figurer l'effort de l'artiste, imposant une stabilité aux apparences mobiles. Comme Gounod, il a fait des marches d'harmonie un de ses procédés, parce que ces ordonnances symétriques arrêtent plus nettement la forme des successions \
C'est aussi son habitude de serrer au médium Ses parties, et d'établir ses accords dans les positions les plus normales, en des mouvements contigus. Il ne les alourdit point de redoublements; par là, il s'éloigne de Beethoven, et plus encore des néo-allemands ou des Français qui les imitent. Point de ces harmonies
1. Sont en mi bémol la première symphonie, le septuor, le troisième concerto pour piano, la Jeunesse d'Hercule, la deuxième sonate pour violon, etc.