Y. l'adagio de la troisième Symphonie (lettre S
de l'immobile et du changeant*. Par cette méthode, son orchestration est, en même temps, pleine et d'une admirable élasticité. Les répliques des instruments se multiplient quelquefois comme s'ils jonglaient (première scène de Proserpine, scherzando du Rouet), et ils se rejoignent en des conjonctions ravissantes. L'abondance des imitations, des mouvements contraires prête à des idées très simples une extraordinaire ampleur. Sur: Ah! réponds à ma tendresse 4, la circulation lente et complexe des cordes semble répéter, à l'infini, dans des miroirs flamboyants, la forme deDalila. Il divise pourtant beaucoup moins que Berlioz et Wagner, et ne complique les groupes que s'il veut suggérer des images particulières : dans les Cygnes de la Nuit persane, les premiers violons sont divisés en trois parties, les deuxièmes aussi, les violoncelles en quatre; des quintes et des sixtes clapotent fragmentées entre ces palpitations innombrables, comme les ondes d'un lac, où des ailes humides éparpilleraient une rosée de lumière.
Mais, d'instinct, il est porté, et de plus en plus, à simplifier l'orchestre. Ascanio contenait des épisodes d'une nudité surprenante; dans Antigone, Déjanire, Parysatis, il a, sans effort, adapté aux lignes unies et aux (( teintes plates » d'un drame antique des monodies à l'unisson. Une page de ses partitions se laisse embrasser d'un regard, donne la sensation immédiate de sa clarté. Il en est qu'on croirait faites de rien : des notes éparses aux bois; aux cordes, une mélodie incessamment déplacée; et néanmoins, grâce à la structure intérieure de la phrase, aux relations contiguës des timbres, le mouvement se communique de proche en proche, par d'intelligentes sympathies; tout est ferme et lié; Tordre et l'indépendance s'unissent magnifiquement.