Y. L'ariette de Fatime, au 2e acte à'Obéron, n
de surnaturel, de sentimentalité. L'accent de l'amour plaintif ou la flamme d'une jeunesse conquérante colore indistinctement toutes les situations. Il est rare que les motifs précisent les moments d'un fait, qu'ils modèlent les formes scéniques : la chasse infernale S le monologue de Rezia 2, devant la mer qui s'apaise, sont d'admirables accidents. La tempête d'Obéron, avec la Barcarolle des Nymphes de la mer, et, dans Euryanthe, le lied du Ruisseau, résument tout ce queWeber a traduit de la nature visible. La symphonie, d'un flot épique, déborde sur la légende; et les harmonies atteignent quelquefois une telle plénitude qu'on a l'illusion d'y sentir le tressaillement de forces totales, élémentaire; sa violence créatrice est hyperbolique. Wagner se souviendra de ces mélopées hallucinantes, portées sur de larges trémolos, de ces traits rompus en cascades 3, de ces pauses au grave, lourdes d'angoisse, où la vie semble succomber.
Le lyrisme, avec Schubert, se replia dans l'intimité; inséparable pourtant du symbole, d'un texte poétique, d'une impression descriptive, d'une légende; et, hors du lied, la musique de Schubert, mollement diffuse, laisse le regret de l'inachevé. C'était une âme élégiaque. Ses lieder sont comme endoloris d'un romantisme anémique. Beaucoup pourraient s'appeler Y Eloge des larmes. Il faut y voir autre chose. Une mélodie, comme Y Attente, ranime la grâce affectueuse de Mozart : la phrase est brève, tissée de quatre notes; elle se répète sans artifice; les cadences tombent avec abandon ; l'accompagnement reste étouffé, sobre. 11 semble que les harmonies étant réduites à l'essentiel, l'émotion sorte plus simplement; car la partie vocale se déploie