Obéron, acte II, n
3. Ainsi, dans Parsifal, le motif de Kundry, si souvent ramené, qui symbolise une chute indéfinie dans le mal.
d'un vol plus limpide. Le développement des lieder est mesuré par un sens très fin du dramatique. Le chant se noue strictement à la déclamation. Schubert complète aussi par des allusions symboliques ces monologues passionnés : le motif du Rouet sous la plainte de Marguerite, ou, dans la Jeune religieuse, le tintement de l'Alleluia. Sa ballade du Nain a une couleur d'épopée; et, dans son Roi des Aulnes, les cris de l'enfant, la chevauchée noire, les frissons de la nuit, tous ces éléments vrais, en limitant le fantastique, le douent de réalité.
Cependant, le fantastique de Weber et de Schubert n'atteint jamais le relief décisif où le porta Berlioz.
Tout d'abord, il l'exaspéra. Le Songe d'une nuit de Sabbat 1 ressemble à un paradoxe 2 juvénile et fou. Entre des bourrasques chromatiques, fourmillent sur un Dies irae hagard, sur des tressauts de cloches, les hachures des violons, leurs grêles de pizzicati, les miaulements des petites flûtes. Et ces larves opaques ou stridentes qui s'écrasent, hurlent, gambadent, n'ont pas l'air de croire à leur existence. Le paroxysme du fantastique équivaut à une dérision de ses formes, il se tourne en burlesque, il se nie.
Mais Berlioz fut promptement ressaisi par la sévérité positive de l'esprit français. Il serait difficile d'enfermer l'insaisissable en des lignes plus délicatement serrées qu'il ne Ta fait dans le scherzo de la reine Mab et le scherzetto 3 : le scherzo sec, ailé, rebondissant; le scherzetto, où la poésie de Shakespeare renaît distincte, bien qu'en partie allégée de ses nuances concrètes : des voix chuchotent l'histoire de Mab; aux basses, un ronflement. continu évoque l'heure des fées,