‹ Les grandes formes de la musiqueChapitre 61 sur 90 · Spinoza, Réforme de V entendements · texte numérisé non relu

Spinoza, Réforme de V entendements

C'est pourquoi nous mettons ensemble, au début de notre étude, les œuvres de musique de chambre, dont l'intimité traduit surtout des états abstraits de sentiment ; puis les concertos, où le lyrisme est amplifié et limité par la présence de l'orchestre. De là, nous nous élevons aux symphonies, plus large synthèse des formes instrumentales. Les poèmes symphoniques établissent une transition entre l'art abstrait et la musique picturale ou dramatique, celle qui veut exprimer quelque chose d'extérieur à elle-même. Enfin, les mélodies vocales, les oratorios et les œuvres scéniques nous conduisent aune transposition de plus en plus concrète des réalités.

A considérer l'expansion historique de l'art musical, nous trouvons, à l'origine, d'un côté, des danses, des chants populaires, des hymnes d'église; de l'autre, le contrepoint scholastique d'où la fugue émergea. Les deux groupes se rejoignirent en des combinaisons multiples, aboutissant à la symphonie et au drame lyrique.

Si nous envisageons l'œuvre de Saint-Saëns ellemême, bien qu'il ait visé, dès le début, à conquérir tous les grands genres, les formes abstraites, musique de chambre, concertos, symphonies, ont prédominé dans sa jeunesse; ensuite le poème symphonique et le théâtre complétèrent l'aspiration de sa nature.

Ainsi, l'ordre que nous suivons concorde avec le tempérament de l'artiste et ^avec l'évolution générale de la musique.

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