IRMA MONTREUIL
Si nous n’avions qu’une guérison connnc celle de Marie Lcbranclm, on pourrail accepter toutes les objections, ou, du moins, placer cet exemple parmi les exceplions qui échappent à toute règle. Mais le Jour où guérissait Marie Lebraucliu, guérissait aussi Irma INIontreuil, et dans des conditions plus extraordinaires encore. Irma Montreuil avait les accidents des derniers jours ; le muguet dans la bouche, des plaies et des fistules, et en quelques instants, ses plaies étaient cicatrisées, le muguet avait disparu : scs poumons, à moitié détruits, avaient retrouvé leur intégrité première.
Voici en quelques mots son histoire :
Irma Montreuil, trente-trois ans. de Lens (Pas-de-Calais). — Son médecin, le D>' Baudin, déclare qu’elle est atteinte d’une phtisie très grave et qui donne les plus grandes inquiétudes pour la vie de la malade.
Les accidents ont commencé il y a trois ans par des vomissements de sang; la toux est très pénible, les crachats purulents, la lièvre continue, la sueur abondante, l’appétit perdu.
Depuis le mois de novembre iHpi, la malade ne quitte pas le lit, la voix est éteinte, et dans ces derniers temps, un muguet continent remplit toute la bouche et indique que nous sommes en pleine cachexie.
Elle arrive à Lourdes le 120, elle a été administrée à Poitiers et on a cru la perdre en route: aussitôt après son arrivée, ou la porte aux piscines ; les dames reliiscnl de la baigner à cause de son état déplorable ; elle insiste, on la met dans l’eau: à la troisième immersion, elle éprouve une sensatiou de déchirement dans toute la poitrine, et aussitôt après, elle se sent très améliorée : bientôt après elle se lève, marche seule et sc déclare complètement guérie. A part l’airection de poitrine, elle avait une listulc
LES POIÏHINAIHES
Si
à l’amis ([ui suppurait aboiulauimeut au luomcnt même de l’immersiou.
Lors([u’cllc revieuL dans le l)urcau des médecins, eu sortant de la piscine, elle est accompag'iiée d’une relij^ieuse ([ui porte encore à la main la plume et le (lacoii avec lcs(]ucls elle liumeclait sa bouche couverte d’un enduit blanchâtre.
Les D's Seauze, Rousseau et des Cornières rauscultent avec le
Irma Montreuil.
plus grand soin; il n’y a plus trace d’aucune lésion dans sa poitrine, plus de muguet dans la bouche, la fistule s’est instantanément cicatrisée; à sa place, on trouve une rainure blanchâtre et solide, la voix est normale, la malade marche bien, mange avec appétit.
I,KS ClîAXDKS (iUKUlSONS DE I.ontDlOS
Avant sa guérison, elle remplissait iin eraclioir cluupic jour; depuis sa sortie de la piseiuc, elle n’a ni toussé, ni craché une seule Ibis.
Celte guérison aecpiiert la force de démousiraliou d’une plaie instanlanément guérie ; car ces poumons creusés et intiltrés de tubercules depuis trois ans ont retrouvé, en un instant, leur intégrité première.
Si celte guérison se eonlirme, elle deviendra une des plus imporlantes du Pèlerinage national de 1892.
Le père, la mère et une sœur de celte femme sont morts poitrinaires. Irma jMonlreuil devait mourir poitrinaire. Aujourd’hui c’est une mère de famille forte, robusle, qui vit heureuse au milieu de ses huit enfants ; le dernier est né depuis sa guérison.
Dans les exemples que nous venons de rapporter, il est une chose plus étonnante encore que la guérison, c’est son instantanéité. Guérir des phtisiques, (]ui touchent au terme de la vie, est chose qui dépasse la portée de nos moyens. Mais les guérir en un instant, en une seconde, sans transition, sans convalescence ; voir de malheureux agonisants, décolorés, sans souffle, sans voix, sans connaissance, retrouver dans une secousse, rapide comme l’éclair, la vie, la force, la santé, la pleine possession de leurs fonctions et de leur intelligence, voilà bien un résultat qui n’est pas seulement au-dessus de nos moyens, mais qui est contraire à toutes les lois naturelles, à toutes les règles de l’observation scientitique.
En relisant ces observations, médecins de toute école et de toute doctrine, nous devons reconnaître dans ces guérisons instantanées, la main d’une puissance plus liante, l’empreinte d'une facture divine. Tous les moyens dont la médecine dispose, toutes les ressources de la nature ne peuvent elfacer, avec la rapidité de l’éclair, des lésions graves, profondes, accumulées pendant des mois et des années. Si jamais, grâce aux découvertes modernes, on vient à pouvoir conjurer ou guérir la phtisie, le remède ne sera ni infaillible, ni instantané ; on ne ramènera pas ainsi un malade de l’agonie à la santé, on devra suivre une méthode lente, graduelle.