GUÉRISON DE SOEUR JULIENNE
DU MONASTÈRE DE SAINTE-URSULE DE BRIVE, LE 2 SEPTEMBRE l88()
Poitrinaire au dernier degré. — Transportée mourante à Lourdes. — Guérison instantanée dans la piscine. — Six médecins ont constaté la maladie. — Sept médecins ont constaté la guérison.
Sœur Julienne est née en 1864, au village de la Roque, canton de Sarlat. Le village de la Roque est placé dans un des plus beaux sites de la inagniüque vallée de la Dordogne. Resserrées dans un espace trop étroit, ses maisons superposées s’étagent sous une roche grandiose qui leur sert d’abri, et se mirent dans la rivière. Le village est habité par une population robuste, énergique, aux mœurs un peu rudes, population de pécheurs, qui vivent sur la Dordogne, ou de cultivateurs pauvres, mercenaires pour la plupart.
C’est là que Sœur Julienne a été élevée jusqu’à l’àge de onze ans. Elle est la troisième d’une famille de neuf enfants, tous encore vivants.
A onze ans, Julienne fut placée à l’orphelinat de l’hospice de Sarlat. Le curé de sa commune, le vénérable abbé Gouzot, l’oncle de M?:^' rarchevcque d’Auch, voyant la famille de Julienne plier sous le poids de cliarges excessives, avait obtenu pour elle une place dans cet établissement.
J’ai vu souvent celte jeune enfant pendant son séjour à l’hospice : elle souffrait d’une inllammalion chronicpie des paupières et de la conjonctive, trace d’un tempérament lymphatique assez accusé.
Elle avait, nous disent les religieuses, une piété particulière pour la Sainte Vierge : chaque jour, elle récitait son rosaire et l’office de l’immaculée Conception, (pi’elle avait appris par camr. « Au moment de ma Première Communion, nous dit-elle, je m’étais sentie appelée à la vie religieuse ; » et, toute enfant, au premier éveil de sa raison, la pensée qu’elle retrouvait dans ses sou-